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Analyse

Présidentielle au Brésil : Bolsonaro et l’ombre du coup d’Etat

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Donné perdant face à l’ancien président Lula lors du scrutin de 2022, le chef de l’Etat, qui conserve le soutien de l’armée, multiplie les démonstrations de force et les allusions menaçantes à une «rupture».

Jair Bolsonaro lors de la cérémonie marquant les mille jours de sa présidence, le 27 septembre à Brasília. (Ueslei Marcelino/REUTERS)
ParChantal Rayes
correspondante à São Paulo
Publié le 06/10/2021 à 23h15

Qui l’eût cru ? Trente-six ans après la fin de la dictature militaire (1964-1985), ou la «contre-révolution» selon Jair Bolsonaro, le Brésil renoue avec la crainte d’une «rupture». Une menace que laisse planer parfois très explicitement le président d’extrême droite. Ses sympathisants n’ont que deux mots à la bouche : une «intervention militaire» pour débarrasser leur champion des fourches caudines des contre-pouvoirs. «Si c’est bien par le vote populaire qu’il est arrivé au pouvoir, Jair Bolsonaro ne saurait être un acteur de la démocratie, assène la politologue Daniela Campello, chercheuse au Wilson Center de Washington. Depuis le premier jour, ses menaces vont crescendo.»

La dernière secousse remonte au 7 septembre, jour de fête nationale choisi par Bolsonaro pour se livrer à une démonstration de force (réussie) en faveur d’un «nécessaire contre-coup» d’Etat. Rien qu’à São Paulo, 125 000 de ses partisans ont répondu à son appel. Même fragilisé –

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