«La démocratie est à nous !» scande la foule massée devant la Faculté de droit de l’université de São Paulo, lieu emblématique au centre du sursaut de la société civile. C’est ici, sous les arcades de la vénérable institution, que le 8 août 1977, en pleine dictature militaire, était lue une célèbre «Lettre aux Brésiliens» pour rompre la chape de plomb imposée par le régime. Quarante-cinq ans plus tard, il s’agit désormais de maintenir «une démocratie chèrement conquise», alerte la «Lettre aux Brésiliennes et aux Brésiliens pour la défense de l’Etat de droit», dont lecture publique était donnée ce jeudi dans la faculté pauliste, ainsi que dans 39 autres universités du pays.
Depuis sa mise en ligne le 26 juillet, cette pétition a enregistré près de 900 000 signatures, du banquier Roberto Setubal au chef de file des paysans sans terre, João Pedro Stédile. Le front républicain dont rêvent ceux qui veulent stopper le président Jair Bolsonaro est, peut-être, en train de se former. «Non partisan», le texte se borne à défendre le respect du résultat de la présidentielle du 2 octobre et des institutions démocratiques. Si Bolsonaro n’est pas davantage cité nommément que son adversaire Lula, c’est bien à lui que s’adresse cette «mise en garde», souligne le directeur de la faculté, Celso Campilongo : «Nous disons au Président et à ses soutiens parmi les militaires et les forces de l’ordre qu’une rupture ne sera pas tolérée.»
«Trump des tropiques»
Même le frileux patronat brés




