Pour la jeune démocratie brésilienne, c’est une élection quasiment existentielle. Après bientôt quatre ans d’une présidence «disruptive», le Brésil est peut-être sur le point de congédier Jair Bolsonaro (Parti libéral, PL), 67 ans, donné largement perdant face à Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des travailleurs, PT), 76 ans.
Editorial
Dans la dernière ligne droite, le patron de la gauche, dont le statut de favori n’a jamais été démenti, a bénéficié de ralliements de poids : André Lara Resende, un des pères du plan Real qui mit fin à l’hyperinflation en 1994, la chanteuse Xuxa, la Dorothée du Brésil, Felipe Neto, influenceur aux 15 millions d’abonnés sur le seul réseau Twitter. De quoi se prendre à rêver d’une victoire dès le premier tour, une possibilité que les instituts d’enquête n’excluent plus. A J-3, le leader du PT avait encore grappillé quelques points et était crédité de 47 % des intentions de vote, contre 32 % pour le sortant. En intentions de vote exprimées, soit à conditions réelles (sans le vote blanc et nul), il parvenait à 52 %. A moins que l’abstention, qui concerne au premier chef son électorat plus démuni, ne lui joue des tours.
Indicateurs sociaux au rouge
Pour la première fois au Brésil, le scrutin oppose un président en exercice à un ex-président. Soit deux figures bien connues de l’électeur, qui confronte leurs bilans. Cette particularité éclipse les autres candidatures (onze au total). Le chef historique du PT est porté par le souvenir heureux de ses deux mandats, entre 2003 et 2010, marqués p




