Ça aurait pu être un symbole, ce n’est que le hasard. Le QG de campagne de Jeannette Jara, 51 ans, la candidate communiste qui a remporté la primaire de la gauche pour la présidentielle chilienne, se trouve rue de Londres dans le centre de Santiago, depuis cet été, à quelques dizaines de mètres du numéro 38, un des centres de torture les plus connus de la dictature de Pinochet.
La parabole, s’il doit y en avoir une, est plutôt à chercher dans le choix du lieu où le «commando Jara», la petite équipe qui entoure la candidate, a posé ses cartons. A proximité des sièges du Parti socialiste, du Parti radical et du Parti libéral, trois des huit organisations qui soutiennent la coalition Unidad por Chile, emmenée par Carolina Tohá, l’ancienne ministre de l’Intérieur du président Gabriel Boric en place depuis 2021, qui ne peut se représenter pour un deuxième mandat consécutif. Elu sur des propositions de grandes réformes sociales, Boric n’a pas réussi à mettre en œuvre tout son agenda progressiste, créant du ressentiment parmi l’électorat de gauche.
«Elle ne cessera jamais d’être progressiste»
«En dépit de divergences apparues depuis sa victoire à la primaire [en juin] entre Jeannette Jara et la direction du Parti communiste, les deux derniers congrès ont ratifié la recherche d’un projet basé sur une coalition de centre gauche, capable de démanteler certains aspects structurels du modèle néolibéral, explique Rolando Alvarez Vallejos, historien spécialiste des gauches chiliennes à l’université de Santiago. Cette ligne p




