Encore une série de mesures au service des intérêts de Donald Trump. Le président américain a annoncé dans la soirée de mardi 30 septembre la signature d’un accord avec le laboratoire américain Pfizer dans le but de faire baisser les prix de certains médicaments aux Etats-Unis en échange d’une exemption de droits de douane – une menace que Trump s’amuse à agiter contre le monde entier. Dans la foulée, le milliardaire a lancé un site web humblement baptisé «TrumpRx» : une plateforme de vente de médicaments à prix réduits pour les consommateurs, rapporte CNN.
Pfizer est le premier laboratoire pharmaceutique à accepter les exigences formulées par Donald Trump, en échange d’une exemption sur trois ans des droits de douane prohibitifs dont le président américain menace le secteur. Concrètement, le laboratoire s’engage d’abord à vendre des médicaments à Medicaid – un programme créé aux Etats-Unis qui a pour but de fournir une assurance maladie aux individus et aux familles à faible revenu et ressource. Puis à fixer les nouveaux prix au coût le plus bas appliqué dans les autres pays développés (notamment le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie), ce qu’il appelle le tarif de «la nation la plus favorisée» – comprendre : le pays qui a les prix de médicament les plus bas.
Des prix trois fois plus élevés que dans les autres pays développés
Ce n’est pas la première fois que le locataire de la Maison Blanche s’attaque à ce sujet. Après avoir échoué à faire baisser le coût de la santé lors de son premier mandat, Donald Trump a multiplié les mesures et menaces à l’encontre du secteur pharmaceutique afin de pousser les laboratoires à rapatrier leur production sur le sol américain et à baisser volontairement leurs prix.
Le coût des médicaments aux Etats-Unis figure parmi les plus élevés au monde, dépassant largement ceux appliqués chez leurs voisins ou en Europe. Selon un rapport du département de la Santé et des Services sociaux publié en 2024, les prix sont près de trois fois plus élevés aux Etats-Unis que dans les autres pays développés comparés. Car contrairement à la plupart des pays européens, il n’existe pas de régulation nationale directe des prix. Chaque laboratoire fixe librement son tarif et les négociations avec les assureurs se font individuellement, sans plafond imposé par l’Etat.
Les laboratoires, eux, justifient les prix élevés imposés aux Américains par la nécessité de financer leurs travaux de recherche et de développement afin de permettre la découverte de nouveaux traitements.
Dans un article du New York Times, Michelle Mello, professeure de droit et de politique de santé à Stanford, dénonce : «Les médicaments sont si chers aux Etats-Unis parce que nous les laissons faire.» Et d’ajouter : «Nous avons conçu un système de gestion des coûts des médicaments qui est un moteur sans frein.»
L’un des grands enjeux des négociations repose donc sur la question du rééquilibrage des prix entre les Etats-Unis et les autres pays développés. Si Donald Trump a reconnu que de telles actions pourraient entraîner une hausse des prix dans d’autres pays, il a tout de même qualifié cette démarche de «juste», rapporte CNN.
Parallèlement à l’annonce, Pfizer a annoncé qu’il investirait 70 milliards de dollars supplémentaires dans des projets de recherche et de fabrication au cours des prochaines années.
Une plateforme directe
Outre l’alignement des prix mondiaux, Trump s’est chargé d’une mission secondaire : permettre aux fabricants de médicaments de vendre leurs produits directement aux consommateurs. Une démarche réalisable avec le site «TrumpRx», qui sera opérationnel à partir de 2026. Le site web ne vendra et ne distribuera pas de médicaments, a précisé mardi un haut responsable de l’administration à la presse. En fait, les consommateurs pourront rechercher leurs médicaments et seront redirigés vers les canaux de vente directe des fabricants.
Mais concrètement, comment ça marche ? CNN donne un exemple, celui de Novo Nordisk, une entreprise pharmaceutique danoise spécialisée notamment dans les traitements contre le diabète. Les patients américains pourront obtenir un mois d’approvisionnement en Ozempic – un médicament contre l’obésité à l’origine utilisé pour traiter le diabète – pour 499 dollars (pour ceux qui ne passent pas par une assurance). Un prix réduit de 50 % par rapport à son montant d’origine.
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Pour l’heure, les détails pratiques, comme le nombre de médicaments concernés ou encore les économies réelles que l’initiative présidentielle permettra aux Américains de faire restent bien flous.




