Non loin du tournant de la quatrième heure des débats, c’est un pasteur qui se présente au micro, toisant l’estrade où siègent les neuf membres exténués du conseil scolaire du district de Miami-Dade, pour pousser un peu plus haut encore la violence des discours qui tournent en boucle depuis le début de cette audience tenue début septembre. Les dizaines de prises de parole précédentes ont certes déjà déployé un nuancier très fourni de considérations haineuses, d’invocations très littérales de «Sodome et Gomorrhe», de cris à «l’innocence violée», au «péché biblique» ou à l’argent du contribuable spolié.
Mais nul avant lui ne s’était aventuré à se faire si virulemment menaçant : «Un vrai pasteur ne se cache pas dans l’église mais combat les loups au-dehors. Je suis venu ici non seulement pour vous demander de rejeter cette mesure, mais aussi des excuses publiques, et la démission de tous ceux ici qui ont osé la considérer. […] Cette mesure relève de l’abus sexuel. Combien d’agresseurs sexuels parmi vous, dans ce conseil ? Etes-vous prêts à entrer dans l’histoire comme les responsables d’abus sexuels institutionnalisés sur nos enfants ? Attention : on vous demandera des comptes. Pas seulement votre démission, mais des poursuites criminelles contre quiconque votera cette mesure.» Tonnerre d’applaudissements dans les travées.
«Ouverture, empathie, solidarité à l’endroit de milliers d’élèves»
Le point en question à l’ordre du jour se proposait de décréter octobre «mois de l’histoire LGBTQ», en commémoration des luttes pas