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Répercussions

Remboursements, négociations… Les possibles conséquences de la décision de la Cour suprême sur les tarifs de Trump

Après le revers infligé par la plus haute instance judiciaire américaine au président républicain sur ses droits de douane, c’est tout un pan de son programme économique qui est mis à mal.

Donald Trump à la Maison Blanche vendredi 20 février 2026. (Mandel Ngan/AFP)
Publié aujourd'hui à 10h42

Le camouflet est rude pour Donald Trump. Dans la foulée de la décision de la Cour suprême des Etats-Unis, qui a estimé vendredi 20 février au soir qu’une bonne part des droits de douane imposés par le milliardaire américain depuis son retour à la Maison Blanche était illégale, le président américain a annoncé dans la soirée avoir signé un décret imposant une nouvelle taxe douanière mondiale de 10 % - portée ce samedi après-midi à 15 % - qui entrera en vigueur le 24 février, pour une durée de 150 jours. Reste que la décision de la plus haute instance judiciaire américaine, qui met à bas un pilier essentiel du programme économique de Trump, va avoir de multiples conséquences.

Remboursements en vue

La décision de la Cour suprême annule de fait les droits de douane dits «réciproques», qui avaient été imposés depuis le singulier «Liberation day» à la quasi-totalité des produits entrant aux Etats-Unis. Cette décision ne concerne toutefois pas les droits de douane appliqués à certains secteurs d’activité tels l’automobile, l’acier et l’aluminium ou les produits pharmaceutiques.

Selon le chef économiste d’EY-Parthenon, Gregory Daco, la conséquence directe va être une baisse du taux moyen effectif appliqué aux produits importés, qui devrait passer de 16,8 % à environ 9,5 %.

L’autre conséquence est que les entreprises ayant payé ces droits de douane peuvent demander un remboursement. Certaines d’entre elles avaient d’ailleurs anticipé la décision en déposant des recours en ce sens. Reste qu’il est difficile d’en déterminer le montant exact, les économistes estimant à 130 ou 140 milliards de dollars les revenus générés en 2025 par les Etats-Unis avec des droits de douane dits réciproques.

Donald Trump avait brossé un tableau volontairement sombre mi-janvier, parlant de «centaines de milliards de dollars» à rembourser en cas de décision défavorable de la Cour suprême. Vendredi il s’est montré plus direct, estimant que la question se réglerait au tribunal. Le gouverneur démocrate de l’Illinois a déjà envoyé une demande de remboursement de 1 700 dollars par foyer, se basant sur les estimations de l’Université Yale. Son homologue de Californie a de son côté jugé que le gouvernement devait rembourser les consommateurs.

Remise en cause des négociations

Au-delà des effets directs, la décision de la Cour suprême pourrait peser sur la capacité du gouvernement à signer des accords commerciaux avec ses partenaires, la volonté de ces derniers de faire baisser la facture ayant joué un rôle majeur dans le fait d’ouvrir les négociations.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a admis ces dernières semaines qu’une telle décision risquait de faire perdre au gouvernement la «flexibilité offerte par l’utilisation des droits de douane» en tant que levier de négociations.

L’Union européenne a d’ailleurs décidé de suspendre les négociations en cours sur l’accord commercial avec Washington.

Mais la Maison Blanche a précisé dans la soirée que les pays ayant signé un accord étaient désormais également concernés par le taux de 10 % prévu par le nouveau décret du président, contre par exemple 15 % jusqu’ici pour l’UE ou le Japon et 18 % pour l’Inde.

Alternatives pour le gouvernement

Le décret signé dans la soirée par Donald Trump se base sur une loi sur le Commerce de 1974 permettant au président de rééquilibrer les échanges entre les Etats-Unis et ses partenaires économiques dès lors qu’un déséquilibre marqué de la balance des paiements est démontré. Il présente cependant le désavantage de n’être que temporaire, avec une limite de 150 jours. Au bout de ce délai, le gouvernement doit obtenir un vote du Congrès s’il veut maintenir ces droits de douane sur la durée.

La solution la plus évidente pour le gouvernement serait de passer par une loi votée par le Congrès lui donnant les pouvoirs nécessaires pour réinstaurer les droits de douane. Une telle issue pourrait cependant être longue et difficile à obtenir, alors que les élections de mi-mandat approchent à grands pas et que certains républicains ont exprimé des réticences face à l’usage extensif fait par Donald Trump des droits de douane.

Mise à jour à 18 h 12, avec le passage de la nouvelle taxe de Trump de 10 à 15%.

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