C’est un quartier comme il en existe tant en périphérie de San Salvador : une avenue principale qui se ramifie en une dizaine de ruelles aux maisonnettes basses et colorées. Sur le terrain de foot de Las Margaritas, quartier de Soyapango, une dizaine d’enfants joue au ballon. Frappe. Barre transversale. «Le terrain marquait une limite entre les groupes aux fameux sigles», explique Oscar, l’entraîneur. La peur est encore là. Celle de prononcer le mot «pandillas», ces gangs qui ont longtemps fait régner la terreur au Salvador : la Mara Salvatrucha (MS-13) et la Mara 18. «Avant, pour jouer, on devait payer 5 dollars aux pandilleros, lâche Marvin, 11 ans. Il y avait El Chino, “le bouclé”. Avec lui, fallait pas rigoler !» L’entraîneur reprend : «Ici, la règle c’était “voir, entendre et se taire”. Lorsque tu étais ado à Las Margaritas, soit tu intégrais le groupe, soit on te tuait. Jamais on aurait pu jouer librement comme aujourd’hui.» Nouvelle tentative. Frappe. But. Célébration collective. Une vie en banlieue de San Salvador.
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Le transfert d’un «pandillero» devant le Penalito («petite prison»), un centre de détention de la police, le 19 janvier à San Salvador. (Fred Ramos/Libération)
Publié le 02/02/2024 à 16h20
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