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Escalade

Trump déclare l’espace aérien du Venezuela «entièrement fermé», le gouvernement Maduro dénonce une «menace colonialiste»

Dans sa guerre contre le narcotrafic en mer des Caraïbes, le président américain ne veut plus aucune liaison avec le pays d’Amérique du Sud, a-t-il laissé entendre ce samedi 29 novembre.

A Caracas, la capitale du Venezuela, vendredi 28 novembre 2025. (Gaby Oraa/Reuters)
Publié le 29/11/2025 à 16h35, mis à jour le 30/11/2025 à 10h15

Donald Trump franchit un nouveau palier, en interdisant seul le ciel d’un pays tiers. «A toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains, veuillez considérer l’espace aérien au-dessus et autour du Venezuela comme entièrement fermé», a écrit ce samedi 29 novembre le milliardaire républicain sur son réseau Truth Social, sans plus de détails.

Cette déclaration intervient alors que l’administration Trump, dans sa lutte contre les cartels de la drogue, intensifie la pression sur le Venezuela dirigé par Nicolas Maduro. avec un déploiement militaire majeur dans les Caraïbes, incluant le plus grand porte-avions du monde.

Dans ce contexte tendu, six compagnies aériennes, dont Iberia, TAP et Turkish Airlines, ont suspendu leurs liaisons avec le Venezuela, ce qui leur a valu de se voir retirer leurs licences par Caracas.

En réponse, le gouvernement du président Maduro a condamné samedi «la menace colonialiste qui prétend affecter la souveraineté de son espace aérien, constituant ainsi une nouvelle agression extravagante, illégale et injustifiée contre le peuple vénézuélien». Il s’agit d’«un acte hostile, unilatéral et arbitraire, incompatible avec les principes les plus élémentaires du droit international», a tonné le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Et les forces armées vénézuéliennes ont conduit samedi des manoeuvres militaires le long des côtes du pays, selon la télévision d’Etat qui a diffusé des images d’armements anti-aériens et de pièces d’artillerie.

Donald Trump accuse le pays d’être un artisan du trafic de drogue qui inonde le marché américain. Jeudi, il a d’ailleurs déclaré que les forces américaines allaient très bientôt commencer à cibler des «trafiquants de drogue vénézuéliens» lors d’opérations terrestres, accentuant encore la pression sur Caracas. Le Venezuela dément et insiste sur le fait que l’objectif véritable est un changement de régime et la mainmise sur les réserves pétrolières du pays.

Trafic de drogue en mer des Caraïbes

Récemment, les forces américaines ont mené des frappes contre plus de 20 navires vénézuéliens soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique Est depuis début septembre, tuant au moins 83 personnes. Washington n’a pas encore fourni de preuves que les navires ciblés étaient utilisés pour le trafic de drogue ou représentaient une menace pour les Etats-Unis.

Et les tensions régionales se sont intensifiées en raison de cette campagne et du renforcement militaire qui l’accompagne. Ces derniers jours, une activité constante d’avions de combat américains a été enregistrée à quelques dizaines de kilomètres des côtes vénézuéliennes, selon des sites de suivi des aéronefs.

La République dominicaine, voisine du Venezuela, a par ailleurs autorisé cette semaine les Etats-Unis à utiliser des installations aéroportuaires dans le cadre de son déploiement, tandis que l’Etat insulaire de Trinité-et-Tobago, éloigné d’une dizaine de kilomètres seulement du Venezuela, a accueilli récemment des exercices des Marines américains.

Le New York Times a précisé vendredi que Donald Trump et Nicolas Maduro s’étaient récemment entretenus par téléphone et avaient discuté d’une possible rencontre aux Etats-Unis. Pourtant, avant le déploiement militaire dans les Caraïbes, la justice américaine avait porté à 50 millions de dollars la récompense pour des informations conduisant à la capture de Nicolas Maduro.

Washington a aussi intensifié la pression en désignant comme organisation terroriste étrangère le Cartel des Soleils, une organisation dont l’existence reste à démontrer selon de nombreux experts et qui, d’après Washington, serait dirigée par Maduro.

Mise à jour ce dimanche 30 novembre à 10 h 15, avec l’ajout des déclarations du gouvernement de Maduro.

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