Avis aux vacanciers projetant d’aller visiter la Grosse Pomme, aux étudiants et voyageurs d’affaires abonnés aux States : des milliers de vols vont être annulés à partir de ce vendredi 6 novembre aux Etats-Unis, alors que le week-end à venir est propice aux déplacements, mardi 11 novembre étant aussi férié outre-Atlantique. En cause, le blocage budgétaire qui s’éternise sur fond de confrontation politique, contraignant les contrôleurs aériens au chômage technique ou à travailler sans salaire.
Le gouvernement américain a ainsi demandé aux compagnies aériennes mercredi de supprimer des vols à compter de vendredi, et ce pour «réduire la pression» sur le contrôle aérien, confronté à plus d’absences en raison du shutdown. 2 000 contrôleurs aériens manquent à l’appel. Les capacités de vols devraient être réduites de 10 % dans 40 aéroports parmi les plus fréquentés du pays, a déclaré en conférence de presse le ministre des Transports, Sean Duffy. Selon une liste dévoilée par CBS News, des hubs internationaux tels qu’Atlanta, Dallas, Los Angeles ou encore New York pourraient être parmi ceux touchés.
«Sécurité en péril»
L’annonce par les autorités de la suppression d’un nombre important de vols risque de renforcer l’impopularité du shutdown dans l’opinion publique, au lendemain de plusieurs élections clés où l’opposition démocrate a signé de larges victoires. Les Etats-Unis sont entrés mercredi dans leur 36e jour de blocage budgétaire, battant ainsi le record du plus long shutdown de l’histoire du pays. Républicains et démocrates sont incapables, depuis le 1er octobre, de s’entendre sur un nouveau budget.
Résultat, des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux sont au chômage technique tandis que des centaines de milliers d’autres sont forcés de continuer à travailler sans salaire : ils ne reçoivent pas de paie jusqu’à la fin de la crise. Plus de 60 000 contrôleurs aériens et agents de la sécurité des transports sont dans le deuxième cas de figure. Et plutôt que de travailler sans salaire pendant plusieurs semaines, certains ne se présentent pas à leur poste.
Les effets des pénuries de personnel se font déjà sentir sur les retards de vols, avait déclaré le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, fin octobre. Ce chiffre est passé de 5 à plus de 50 % aujourd’hui. «Plus l’arrêt se prolonge et moins de contrôleurs aériens se présentent au travail, plus la sécurité du peuple américain est mise en péril», avertissait-il.
«Nos contrôleurs n’ont pas été payés depuis un mois»
Le ministre Duffy avait mis en garde mardi contre les risques de «chaos» : «Vous nous verrez peut-être fermer certaines parties de l’espace aérien, simplement parce que nous ne pourrons pas le gérer, faute de contrôleurs aériens», avait-il déclaré, rejetant la faute sur les démocrates.
«Nous allons demander aux compagnies aériennes de travailler avec nous pour réduire leurs plans de vol», avait précisé mercredi le patron du régulateur aérien FAA, Bryan Bedford. Il s’agit d’«éviter que la situation ne se dégrade», a-t-il ajouté au côté du ministre : «Le système est extrêmement sûr aujourd’hui, il le sera demain. Et si la pression continue d’augmenter, même après avoir pris ces mesures, nous reviendrons et prendrons des mesures supplémentaires.»
En trente-cinq ans de carrière, le régulateur n’a pas souvenir qu’une telle réduction ait déjà été décrétée. «C’est une situation très inhabituelle. Nos contrôleurs n’ont pas été payés depuis un mois. Nous avons hâte de pouvoir travailler normalement à nouveau, assure Bryan Bedford. Les contrôleurs qui continuent à venir font des heures supplémentaires, travaillent plus de jours […] et nous voulons réduire cette pression [sur eux, ndlr] avant que cela ne devienne un problème.» Selon son site, la FAA supervise chaque jour 44 000 vols.




