Menu
Libération
Noms d'oiseau

«Tais-toi, la truie», «quelle question stupide»… Cinq fois où Trump s’en est pris aux journalistes

Le président américain s’est illustré ces derniers jours par des injures lancées à des reporters, qui l’interrogeaient notamment sur l’affaire Epstein. Des sorties dont le milliardaire est plus que coutumier.

«Tais-toi, la truie», lance Donald Trump à la journaliste Catherine Lucey à bord d'«Air Force One», le 14 novembre 2025. (Jim Watson/AFP)
Publié le 19/11/2025 à 15h12, mis à jour le 20/11/2025 à 15h56

Entre Donald Trump et les médias, une grande histoire de haine. Rien que sur les deux derniers mois de sa campagne présidentielle en 2024, Reporters sans frontières dénombrait pas moins de 108 occurrences où le milliardaire républicain s’en prenait directement aux journalistes. Menaces, insultes, intimidations : Libération revient sur ces attaques frontales qui menacent la liberté de la presse aux Etats-Unis.

«Vous êtes une personne horrible»

Alors que le président américain devait rencontrer mardi 18 novembre le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, la journaliste Mary Bruce, d’ABC News, lui a posé des questions qui fâchent. Après l’avoir interrogé sur de possibles conflits d’intérêts au vu des affaires de Trump en Arabie Saoudite, elle a interpellé le prince saoudien sur l’implication de son gouvernement dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, avant de revenir à la charge avec une question sur le dossier Epstein.

Mal lui en a pris : «Vous êtes une personne horrible», a rétorqué Donald Trump, qualifiant sa chaîne de «fake news». «Je pense que la licence [de diffusion] devrait être retirée à ABC parce que vos infos sont tellement fausses et erronées», a-t-il ajouté, exhortant le patron du régulateur américain de l’audiovisuel (FCC), qui a déjà par le passé menacé ABC de sanctions, à «regarder ça».

«Tais-toi, la truie»

Le président américain n’apprécie pas qu’on le questionne sur l’affaire Epstein, dans laquelle son gouvernement est empêtré depuis des mois. Le 14 novembre, à bord de l’avion présidentiel Air Force One, la journaliste Catherine Lucey, de l’agence de presse américaine Bloomberg, a tenté de l’interroger sur son refus de publier les documents d’enquête. La réponse ne s’est pas faite attendre : «Tais-toi, la truie», l’a interrompue Trump, l’empêchant de poser davantage de questions. «Quand on cherche la bagarre, on la trouve», s’est justifiée la Maison Blanche le 19 novembre, arguant que la conduite de la journaliste n’était «pas convenable ni professionnelle par rapport à ses collègues dans l’avion» - attitude qui n’avait pourtant rien d’inhabituel pour une interview présidentielle.

«Je pourrais prendre n’importe qui dans la rue à Washington DC, il ferait un meilleur travail»

Décidément, Donald Trump a une dent contre CNN, chaîne d’information considérée comme favorable aux démocrates. Lors d’une table ronde à la Maison Blanche le 9 octobre, la journaliste Kristen Holmes l’a interrogé sur l’accord de paix entre Israël et le Hamas. «C’est CNN qui parle. C’est l’une des pires journalistes que vous rencontrerez jamais», a-t-il lancé à la cantonade sans la laisser terminer sa question. «Je pourrais prendre n’importe qui dans la rue à Washington DC, il ferait un meilleur travail», a-t-il affirmé.

Qu’on tire sur des journalistes, «ça ne me dérange pas»

Trois mois après la tentative d’assassinat dont il a été la cible lors de la campagne présidentielle en 2024, Donald Trump est revenu tenir un meeting dans la ville de Butler où il avait été légèrement blessé par une balle. Cette fois protégé par une vitre qui le sépare d’un parterre de journalistes, il s’adresse à son public : «Pour m’atteindre, quelqu’un devrait tirer au travers» des journalistes situés en face de lui, «ce qui ne me dérange pas tellement», assure-t-il sous les cris enthousiastes de ses supporteurs. La liberté de la presse a de beaux jours devant elle.

«Quelle question stupide»

En novembre 2018, deux jours seulement après le retrait de l’accréditation pour la Maison Blanche d’un correspondant vedette de CNN, Jim Acosta, qui avait posé des questions trop insistantes à Donald Trump, ce dernier a vertement rabroué la journaliste de la même chaîne Abby Phillip. Lorsqu’elle lui demande ce qu’il en est du remplacement du ministre de la Justice d’alors, franchement débarqué par le milliardaire républicain lors de son premier mandat, ce dernier refuse de répondre. «Quelle question stupide», lâche-t-il. «Je vous regarde beaucoup. Vous posez beaucoup de questions stupides», poursuit-il avant d’exiger le respect. Audacieux.

Mise à jour le 20 novembre à 15 h 50 avec la réaction de la Maison Blanche.

Dans la même rubrique