Le caprice trumpien enfin exaucé ? Donald Trump a annoncé jeudi que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado serait à Washington la semaine prochaine et s’est dit «impatient» de la rencontrer, ajoutant que ce serait «un grand honneur» si elle lui remettait son prix Nobel de la paix. «Je crois comprendre qu’elle vient à un moment ou un autre la semaine prochaine. Je suis impatient de lui dire bonjour», a dit le président américain dans un entretien sur la chaîne Fox News.
Lorsque l’animateur Sean Hannity lui rappelle que la cheffe de l’opposition vénézuélienne s’est engagée à «partager» et même «remettre» sa prestigieuse distinction à Donald Trump, celui-ci répond : «J’ai entendu qu’elle voulait faire ça. Ce serait un grand honneur».
Cette séquence intervient cinq jours après l’enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela par les Etats-Unis. Le président américain, qui a une nouvelle fois jeudi jugé qu’organiser des élections au Venezuela n’était pas d’actualité, avait estimé après ce kidnapping que María Corina Machado n’était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.
Rancune
Donald Trump avait estimé que l’opposante vénézuélienne ne bénéficiait «ni du soutien ni du respect au sein de son pays». Malgré tous ses efforts d’amabilité, Donald Trump n’a pas digéré qu’elle soit choisie plutôt que lui pour le prix Nobel de la paix, qu’il convoite depuis longtemps.
Le président américain a une nouvelle fois exposé ses griefs jeudi sur Fox News, en s’en prenant plus particulièrement à la Norvège. «C’est là que le comité [décernant le Nobel de la paix, NDLR] se situe. C’est très embarrassant pour la Norvège. Qu’ils aient quelque chose à voir là-dedans ou pas. Je pense que oui. Ils disent que non. Mais quand vous avez mis fin à huit guerres, vous devriez en recevoir un pour chacune», a déclaré Donald Trump, qui répète ce chiffre jugé fantaisiste par les experts des relations internationales.
La cheffe de l’opposition vénézuélienne n’avait quant à elle pas pu se rendre à la cérémonie de remise de son prix, malgré sa fuite de Caracas, appuyée par les Etats-Unis d’après le Wall Street Journal. Disparue pendant une semaine, elle est réapparue en public le lendemain de la remise de son prix, récupéré finalement par sa fille, au Grand Hôtel d’Oslo (Norvège). Selon sa porte-parole, l’opposante de 58 ans s’est fracturé une vertèbre lors du déplacement.




