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«Trump Class USS Defiant» : le président des Etats-Unis veut lancer une nouvelle classe de navires de guerre à son nom

Lors d’une conférence de presse lundi 22 décembre, le milliardaire républicain a assuré que cette nouvelle flotte américaine sera «la meilleure du monde».

Une représentation réalisée avec IA du navire de guerre «Trump Class USS Defiant», dévoilée à Mar-a-Lago, à Palm Beach, le 22 décembre 2025 en Floride. (Andrew Caballero-Reynolds/AFP)
Publié le 23/12/2025 à 11h15

Une nouvelle armée navale de «20 à 25 navires», baptisée la «Trump Class USS Defiant», d’après le nom du président américain. C’est l’annonce choc de Donald Trump, lundi 22 décembre, qui prévoit le lancement d’une classe de navires de guerre de grande taille, un fait extrêmement inhabituel pour un président en exercice. «Chacun d’eux sera le plus grand navire de guerre de l’histoire de notre pays» et même «du monde», a assuré le milliardaire de 79 ans, jamais avare en hyperboles, depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il donnait une conférence de presse.

Pour démarrer ce projet d’ampleur, seuls deux de ces navires, qui seront «les meilleurs du monde», seront construits dans un premier temps. La flotte compterait ensuite «rapidement» 10 navires et, au terme du projet, 20 à 25 navires. Des images représentant le futur navire en mer et en pleine action étaient exposées sur des chevalets autour du pupitre.

«Un message pour tout le monde»

Le président républicain a notamment déclaré que cette nouvelle classe était conçue comme un message «pour tout le monde, ce n’est pas pour la Chine. Nous nous entendons très bien avec la Chine». Une déclaration qui intervient alors que les Etats-Unis se livrent depuis plusieurs semaines à une offensive contre les bateaux du Venezuela, interceptant les pétroliers et bombardant mortellement les navires, au nom de la lutte contre le narcotrafic.

Selon les experts, sur le terrain militaire naval, les Etats-Unis gardent une force de projection en mer sensiblement supérieure à celle de la Chine, qui a entrepris de renforcer et moderniser sa propre marine. Pékin a récemment mis en service son troisième porte-avions, équipé d’un système de catapultes électromagnétiques, et un quatrième serait en construction, selon des rumeurs persistantes.

Une flotte pour remplacer des bateaux «affreux»

Donald Trump a invoqué le souvenir des grands cuirassés américains qui se sont illustrés pendant la Deuxième guerre mondiale, par exemple le USS Missouri, pour présenter ce projet de nouveaux géants d’acier, dont il a promis qu’ils seraient construits aux Etats-Unis. Il a précisé que ces bâtiments seraient équipés de canons et de lasers, et qu’ils pourraient porter des armes hypersoniques et nucléaires.

Le républicain a par ailleurs dit vouloir s’impliquer personnellement dans la conception des nouveaux bateaux. Dès son premier mandat, le président s’était intéressé de près au sujet de la construction navale, notamment pour critiquer l’aspect des récents bâtiments furtifs. Fin septembre, en parlant de bateaux «affreux» devant une assemblée des plus haut gradés de l’armée américaine, il s’était lancé dans une tirade sur le sujet. «Je ne suis pas fan de certains des navires que vous faites. Je suis quelqu’un qui est très porté sur l’esthétique et je n’aime pas certains des navires que vous faites sur le plan de l’esthétique», avait-il déjà dit à l’époque.

Une conception «monarchique» de la présidence

Le chef d’Etat, qui n’a pas d’expérience militaire ni navale particulière, a quelques idées arrêtées sur les technologies de défense. A la fin du mois d’octobre, dans un discours à bord d’un porte-avions stationné au Japon, il avait plaidé pour le retour de catapultes à vapeur pour propulser des avions, au lieu des plus récents systèmes électromagnétiques, arguant que la maintenance était plus facile et l’aspect visuel plus frappant. «J’aime voir cette belle vapeur qui se déverse du pont. Avec de l’électricité, ça n’existe pas», avait-il lancé.

L’annonce du lundi 22 décembre suit de peu le vote par le Congrès américain d’une loi de défense prévoyant un budget annuel de plus de 900 milliards de dollars. Elle intervient aussi au moment où l’opposition démocrate reproche déjà à Donald Trump une conception monarchique de la présidence, qui le voit mettre son nom sur des bâtiments publics, accrocher des portraits de lui-même à la Maison Blanche et envisager de frapper une pièce de monnaie commémorative à son effigie.

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