La purge s’opère dans les moindres détails. Mardi 9 décembre, le chef de la diplomatie américaine et fidèle de Donald Trump, Marco Rubio, a ordonné aux diplomates de réadopter la police «Times New Roman» pour l’écriture de leurs décrets officiels, au lieu de la police «Calibri» instaurée par son prédécesseur Antony Blinken, au nom d’une meilleure accessibilité. Encore un pas «inutile» vers la diversité, selon Rubio, qui estime que l’utilisation de Times New Roman permettra de rétablir «le décorum et le professionnalisme dans les documents écrits du Département».
En 2023, l’administration Biden s’était accordée sur le fait que Calibri, la police par défaut de Microsoft, était plus accessible que Times New Roman grâce à ses lettres aux angles plus arrondis et sans empattements, ainsi qu’à l’espacement plus large entre les caractères qui permet une meilleure lisibilité pour les personnes dyslexiques ou malvoyantes. Soutenue par les groupes de défense de la diversité et des droits des personnes handicapées, cette réflexion était trop «woke» pour l’administration Trump, plus attachée à «la tradition, la formalité et la cérémonie» des polices de type «sérif», comme Times New Roman, évoquant le style des anciennes machines à écrire.
Chasse aux sorcières antidiversité
Rubio a toutefois admis que le passage à Calibri sous l’ère Biden «ne figurait pas parmi les exemples les plus illégaux, immoraux, radicaux ou dispendieux de DEIA (diversité, équité, inclusion et accessibilité) au sein du ministère».
Priorités
Ces programmes, progressivement mis en place au sein des institutions fédérales américaines pour faciliter l’embauche des minorités défavorisées à des emplois publics, sont devenus la bête noire de Donald Trump depuis son retour au pouvoir en 2024. Le Président s’est empressé d’y mettre un terme, les jugeant discriminatoires envers les hommes et les personnes blanches et contraires à son modèle méritocratique.
Fin janvier, à peine en poste, Trump lançait officiellement sa chasse aux sorcières en signant un décret visant à «mettre fin à la discrimination illégale et rétablir l’égalité des chances fondées sur le mérite», à coups de mises à pied des responsables DEIA au sein des institutions fédérales et de coupure des subventions dédiées aux programmes d’inclusion.




