La rédaction de Libération résume les principales actualités du jour au Venezuela après la capture par l’administration Trump de Nicolás Maduro le 3 janvier. Le précédent point du jour est à lire ici.
Les Etats-Unis décideront quelles entreprises pourront exploiter le pétrole au Venezuela, déclare Trump
Les Etats-Unis décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les vastes ressources en hydrocarbure du Venezuela, a déclaré vendredi Donald Trump lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec des dirigeants du secteur. «Nous prendrons la décision en ce qui concerne quelles entreprises pétrolières iront là-bas, que nous autoriserons à aller là-bas, et nous allons passer un accord avec ces entreprises. Nous ferons ça probablement aujourd’hui ou rapidement après», a lancé le président américain, une semaine après l’opération militaire américaine qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas. «L’une des raisons pour lesquelles vous ne pouviez pas y aller avant, c’est que vous n’aviez pas de garanties. Vous n’aviez pas de sécurité, mais maintenant vous avez une sécurité totale», a ajouté Donald Trump à propos des futurs investissements d’entreprises pétrolières au Venezuela. Le président américain a ajouté que ces entreprises devraient désormais seulement faire affaire avec Washington, et non avec Caracas.
Donald Trump annonce qu’il recevra le président colombien «la première semaine de février»
Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social qu’il recevrait le président colombien Gustavo Petro «la première semaine de février», à un moment où la relation entre Washington et Bogota semble s’apaiser. «Je suis sûr que tout se passera très bien pour la Colombie, et pour les Etats-Unis, mais il faut empêcher la cocaïne et d’autres drogues d’entrer aux Etats-Unis», a écrit le président américain.
Urrutia réclame la reconnaissance de sa victoire à la présidentielle 2024
«La reconstruction démocratique au Venezuela est conditionnée par la reconnaissance explicite des résultats des élections du 28 juillet 2024», a assuré Edmundo González Urrutia, vainqueur revendiqué de ce scrutin, lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, vendredi 9 janvier. Une prise de parole qui intervient après que Trump a désavoué l’opposition à Maduro dans sa quête de s’approprier le pouvoir.
Visé par un mandat d’arrêt émis par les autorités vénézuéliennes, Edmundo González Urrutia avait fui son pays en septembre 2024 et trouvé refuge à Madrid. L’opposition vénézuélienne, qui a publié les procès-verbaux de bureaux de vote - qualifiés de faux par le pouvoir - assure qu’il est le vainqueur légitime de la présidentielle, comme une partie de la communauté internationale.
Trump promet 100 milliards de dollars d’investissement dans le pétrole vénézuélien
Comme toujours avec Donald Trump, on ne sait pas ce qui tient des faits et ce qui relève de la fable. Toujours est-il que ce vendredi matin, le président des Etats-Unis a promis sur son réseau social Truth Social qu’«au moins 100 milliards de dollars» seront investis au Venezuela «par les GRANDES COMPAGNIES PÉTROLIÈRES» de son pays. Il doit recevoir les dirigeants de ces entreprises ce vendredi à la Maison Blanche. «Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble, notamment en ce qui concerne la reconstruction» de l’industrie pétrolière, s’est-il encore félicité. De son côté, la présidente Delcy Rodriguez a assuré que, malgré ses concessions, le Venezuela n’était ni «subordonné ni soumis» aux Etats-Unis et rappelé sa «loyauté envers le président Nicolás Maduro».
Une deuxième «vague d’attaques» avortée ?
Toujours sur Truth Social, Donald Trump a assuré que le Venezuela avait évité de peu une nouvelle intervention des Etats-Unis. Du fait de la «coopération» avec le pouvoir en place à Caracas et de la libération d’un «grand nombre de prisonniers politiques», il a «annulé la deuxième vague d’attaques précédemment envisagée, qui ne semble pas nécessaire». Avant de préciser : «Toutefois tous les navires resteront en place pour des raisons de sûreté et de sécurité.» Candidat face à Maduro en 2024, l’opposant en exil en Espagne Edmundo González Urrutia s’est dit vendredi «profondément heureux» de ces libérations.
Deux membres d’équipage du pétrolier russe libérés
La Russie a indiqué ce vendredi que Washington avait accédé à sa requête et libéré deux membres russes de l’équipage du pétrolier battant pavillon russe saisi cette semaine par les Etats-Unis dans l’Atlantique nord. «En réponse à notre requête, le président américain Donald Trump a pris la décision de libérer deux citoyens russes membres de l’équipage du pétrolier Marinera», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova dans un communiqué, exprimant la «gratitude» de Moscou. Le navire a été intercepté par les autorités américaines mercredi, qui l’accusent de faire partie d’une flotte fantôme servant à contourner les sanctions américaines en transportant du pétrole vénézuélien, russe et iranien, et de naviguer sous un faux drapeau. Moscou affirme de son côté que le navire a obtenu une autorisation provisoire de naviguer sous pavillon russe. En début de journée, Washington a par ailleurs annoncé avoir saisi un nouveau pétrolier parti du Venezuela.
Le pape très inquiet
Leon XIV a fait part ce vendredi matin de sa «vive inquiétude» quant à «l’aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique», évoquant notamment la situation au Venezuela. «Je renouvelle à cet égard mon appel à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s’engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun», a ainsi déclaré le chef de l’Eglise catholique lors d’un discours au Vatican devant les ambassadeurs.




