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Etats désunis

Un an après l’assaut du Capitole, la démocratie américaine au bord du gouffre

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Inféodé à Trump et soudé derrière le mythe de l’élection volée, le camp républicain accélère sa déstabilisation insidieuse des institutions. Nombre d’experts alertent sur le risque élevé de dérive autoritaire et de violences.

Lors de l'assaut sur le Capitole, le 6 janvier 2021. (Win Mcnamee/AFP)
ParJulien Gester
correspondant à New York
Publié le 04/01/2022 à 17h06

Les images de l’envahissement du Capitole ont pris un an sans rien perdre de leur puissance d’effroi et de stupeur, mais entre-temps un mirage s’est comme évanoui : la victoire de Donald Trump ne fait plus guère de doute. Le président sortant n’est certes pas parvenu à se faire réélire, et il a échoué, de toutes les manières possibles (judiciaire, institutionnelle, insurrectionnelle…), à en forcer l’issue. Mais si l’on considère que Joe Biden s’était donné pour mission cardinale de restaurer l’idéal démocratique et de réparer les divisions d’un pays que son prédécesseur s’entête à fracturer encore et encore, alors son impuissance confine à l’échec – et Trump peut bien pavoiser, en attendant l’heure d’un hypothétique come-back plus imparable que le précédent.

Sur le vif de l’évènement, il avait pu paraître séduisant de lire l’assaut contre le Congrès du 6 janvier 2021 comme un ultime spasme du moment trumpiste avant liquidation. On pouvait difficilement plus se tromper : tout aujourd’hui désigne combien les violences déchaînées ce jour-là, par des foules à la confluen

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