Les images de l’envahissement du Capitole ont pris un an sans rien perdre de leur puissance d’effroi et de stupeur, mais entre-temps un mirage s’est comme évanoui : la victoire de Donald Trump ne fait plus guère de doute. Le président sortant n’est certes pas parvenu à se faire réélire, et il a échoué, de toutes les manières possibles (judiciaire, institutionnelle, insurrectionnelle…), à en forcer l’issue. Mais si l’on considère que Joe Biden s’était donné pour mission cardinale de restaurer l’idéal démocratique et de réparer les divisions d’un pays que son prédécesseur s’entête à fracturer encore et encore, alors son impuissance confine à l’échec – et Trump peut bien pavoiser, en attendant l’heure d’un hypothétique come-back plus imparable que le précédent.
Sur le vif de l’évènement, il avait pu paraître séduisant de lire l’assaut contre le Congrès du 6 janvier 2021 comme un ultime spasme du moment trumpiste avant liquidation. On pouvait difficilement plus se tromper : tout aujourd’hui désigne combien les violences déchaînées ce jour-là, par des foules à la confluen




