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Etats-Unis

Un influenceur brésilien qui défendait la politique anti-immigration de Trump arrêté par l’ICE

Installé aux Etats-Unis depuis 2009, Júnior Pena, soutien du président américain et qui jurait que les migrants arrêtés étaient «tous des criminels», a été incarcéré à la mégaprison de Delaney Hall, à Newark, dans le New Jersey.

L'influenceur brésilien Júnior Pena. (@juniorpena0)
Publié le 03/02/2026 à 13h18

Derrière la triste ironie, la preuve que personne n’est à l’abri de la terrible politique migratoire mise en place par Donald Trump depuis son retour aux affaires. Installé aux Etats-Unis depuis 2009, l’influenceur brésilien Eustáquio da Silva Pena Júnior, où «Júnior Pena» sur ses réseaux sociaux où il défendait les mesures du président américain, a été arrêté samedi 31 janvier par des agents de l’ICE dans le New Jersey et emprisonné, selon des informations de la presse brésilienne et du Guardian.

Sur son compte Instagram suivi par près de 500 000 abonnés, l’influenceur originaire de la ville de Belo Horizonte s’adresse en particulier aux Brésiliens installés aux Etats-Unis et partage notamment des contenus anti-Lula et pro-Bolsonaro. Dans une vidéo citée par la presse brésilienne, en réponse aux inquiétudes de sa communauté face aux raids de l’ICE, l’influenceur aurait déclaré son soutien à Donald Trump, et affirmé que la police de l’immigration n’arrêtait que des malfrats. «Restez calmes. Ne paniquez pas en pensant qu’ils expulsent tout le monde. Un reportage montre l’ICE arrêter des gens, y compris des Brésiliens, mais ce sont tous des criminels. Tous des criminels. Ne croyez pas n’importe quel influenceur.»

Sous entendu : les honnêtes gens n’avaient rien à craindre – et encore moins lui. «Je respecte les règles, je paie mes impôts et j’essaie de régulariser ma situation, comme beaucoup d’immigrants qui veulent rester. [Donald Trump] va expulser les sans-papiers, les criminels et ceux qui font des bêtises. Croyez-vous qu’il va expulser ceux qui essaient d’aider le pays ? Certainement pas», aurait-il ajouté.

Selon des amis de Júnior Pena, l’arrestation ferait suite au manquement d’une audience au tribunal pour une infraction routière. Une audience que son avocate aurait tenté de reporter, mais qui à la suite d’une erreur administrative n’avait pas été tout à fait rayée des registres.

«Un cafard qui tombe amoureux de l’insecticide»

Júnior Pena a été envoyé à la mégaprison de Delaney Hall, à Newark, l’un des totems de la politique migratoire ultrarépressive de Donald Trump. Cet ancien centre de réinsertion rouvert par l’administration en mai dernier pour y détenir massivement «des meurtriers, des violeurs, des personnes suspectées de terrorisme et des membres de gangs», selon la Sécurité intérieure, sert d’espace de transit pour les personnes en situation irrégulière en voie d’expulsion.

Pour autant, selon Maycon MacDowel, policier et ami de Júnior Pena, qui a rendu public sa situation, l’influenceur ne ferait pour le moment pas l’objet d’une procédure d’expulsion. Selon le Brazilian Times, son avocat, Andrew Lattarulo, tente de le faire libérer sous caution, grâce à une cagnotte mise en place par ses soutiens.

Après l’annonce de l’arrestation, les internautes ont déferlé sur les réseaux sociaux de Júnior Pena, parfois empathiques, souvent moqueurs. Dans un tweet sur X repéré par le média brésilien en ligne Metrópoles, un internaute a notamment raillé «le parfait exemple d’un cafard qui tombe amoureux de l’insecticide».

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