Pas de désescalade. Donald Trump n’a pas écarté la possibilité d’une guerre contre le Venezuela, lors d’une interview diffusée vendredi 19 décembre, au moment où les Etats-Unis accentuent leur pression sur Caracas avec un blocus pétrolier.
«Non, je ne l’exclus pas», a déclaré le président américain à la chaîne américaine NBC, lors d’un entretien téléphonique enregistré la veille. Les Etats-Unis accusent le président vénézuélien, Nicolás Maduro, l’une de leurs bêtes noires, d’être à la tête d’un réseau de trafic de drogue, ce que l’intéressé dément.
Récit
Nicolás Maduro «sait exactement ce que je veux […]. Il le sait mieux que personne», a déclaré Donald Trump, refusant cependant de dire si son objectif était de le renverser. Le président américain a annoncé en début de semaine un «blocus total» contre des pétroliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela.
Il a déclaré lors de l’interview que d’autres saisies de pétroliers auront lieu, après celle la semaine dernière d’un navire qui transportait des barils de brut vénézuélien à destination de Cuba.
104 personnes tuées
Washington a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes depuis cet été, et mené une série de frappes visant des embarcations de trafiquants de drogue présumés dans les Caraïbes et le Pacifique.
Au moins 104 personnes ont été tuées dans ces frappes depuis le début de ces opérations, sans que le gouvernement américain n’ait jamais fourni la moindre preuve que les navires visés étaient effectivement impliqués dans un quelconque trafic. En parallèle, le président américain agite depuis des semaines la menace d’une intervention terrestre.
Escalade
«Il est clair que le statu quo actuel avec le régime vénézuélien est intolérable pour les Etats-Unis», a souligné lors d’une conférence de presse vendredi le secrétaire d’Etat, Marco Rubio. «Donc oui, notre objectif est de changer la dynamique et c’est pourquoi le président fait ce qu’il fait», a-t-il dit.
Pressé de questions, Marco Rubio, qui est lui-même d’origine cubaine et qui a répondu à plusieurs reprises en espagnol, a accusé le «régime illégitime» de Nicolás Maduro de «coopérer avec les narcoterroristes» mais sans aller jusqu’à dire si les Etats-Unis visaient un changement de régime, comme l’en accuse Caracas.
Soutien de la Russie
Caracas assure que Washington veut renverser Nicolás Maduro pour s’emparer du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays. «Non seulement ils ne coopèrent pas, ils coopèrent ouvertement avec les terroristes et criminels», a cependant poursuivi le chef de la diplomatie américaine.
Interrogé sur le soutien de la Russie à Nicolás Maduro, Marco Rubio a répondu que les Etats-Unis ne s’inquiétaient pas d’«une escalade avec la Russie», tout en disant ne pas être étonné que Moscou fournisse «un soutien rhétorique» à ce pays. Il a également affirmé que «rien n’empêcherait» Washington de mettre en place son blocus pétrolier contre le Venezuela.
Analyse
Des élus de l’opposition démocrate, mais aussi de la majorité présidentielle au Congrès, ont mis en cause la légalité des frappes américaines et exigé que toute opération sur le sol vénézuélien reçoive l’aval du Congrès américain.
Marco Rubio, qui est également conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a répondu qu’«à ce stade, rien ne s’est produit qui nous oblige à informer le Congrès, à obtenir son approbation ou à franchir le seuil d’une guerre».
Par ailleurs, les Etats-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant sept membres de la famille de personnes déjà sanctionnées le 11 décembre, dont trois des neveux de Nicolás Maduro.
Ce samedi 20 décembre, Lula a déclaré a réagi aux propos de Trump à l’ouverture du sommet du Mercosur, affirmant qu’une «intervention armée» des Etats-Unis au Venezuela serait «une catastrophe humanitaire». «Le continent sud-américain est à nouveau hanté par la présence militaire d’une puissance» étrangère, a fustigé le président brésilien lors de ce sommet organisé dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu (sud).
Lors de ce même événement, le président argentin Javier Milei a salué «la pression des Etats-Unis et de Donald Trump pour libérer le peuple vénézuélien». «La dictature atroce et inhumaine du narcoterroriste Nicolás Maduro projette une ombre sombre sur notre région. Ce danger et cette honte ne peuvent pas continuer d’exister sur le continent, sinon ils finiront par nous entraîner tous avec eux», a lancé le dirigeant ultralibéral.




