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Venezuela : la Maison Blanche entend «dicter» les décisions de Caracas… notamment en matière de pétrole

L’administration Trump a annoncé ce mercredi que Washington contrôlerait «pour une période indéterminée» la commercialisation des hydrocarbures vénézuéliens. La compagnie nationale s’est dite «en négociation» avec les Etats-Unis.

Une raffinerie de Petroleos de Venezuela à Puerto La Cruz, au Venezuela, en 2021. (Yuri Cortez /AFP)
Publié le 07/01/2026 à 20h34

«Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela», affirmait mardi la présidente du pays par intérim, Delcy Rodriguez. Ce mardi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a asséné à l’inverse que «les Etats-Unis vont continuer à dicter ses décisions» au pouvoir vénézuélien. Il semblerait bien, sur la question du pétrole, que ce soit la seconde qui soit dans le vrai. La compagnie pétrolière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) a annoncé ce mercredi négocier la vente de pétrole avec les Etats-Unis, après la capture de Nicolás Maduro et les déclarations de Donald Trump indiquant qu’il allait contrôler la commercialisation du pétrole vénézuélien.

PDVSA «mène actuellement une négociation avec les Etats-Unis pour la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales existant entre les deux pays. Ce processus […] repose sur une transaction strictement commerciale, conforme à des critères de légalité, de transparence et de bénéfice pour les deux parties», selon le communiqué.

«Immenses ressources»

Plus tôt dans la journée, le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, avait affirmé que Washington contrôlerait «pour une période indéterminée» la commercialisation du pétrole vénézuélien, au lendemain de l’annonce par Donald Trump d’une livraison par Caracas de dizaines de millions de barils aux Etats-Unis : «Nous allons commercialiser le pétrole brut provenant du Venezuela, d’abord celui qui est stocké, puis, pour une période indéterminée, à l’avenir, nous vendrons la production provenant du Venezuela sur le marché», a déclaré le ministre lors d’un événement organisé par la banque Goldman Sachs à Miami sur le thème de l’énergie. «Les ressources sont immenses», s’est-il enthousiasmé, s’attendant à «obtenir plusieurs centaines de milliers de barils par jour de production supplémentaire à court et moyen terme, si les conditions sont réunies».

Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) devant l’Arabie saoudite et l’Iran. Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, du fait de décennies de sous-investissement dans les infrastructures et des sanctions américaines, selon les experts.

Mardi, Donald Trump avait déjà affirmé que le Venezuela livrerait aux Etats-Unis «entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction» qui «sera vendu au prix du marché», soit, selon les cours actuels, une valeur théorique de plus de deux milliards de dollars. «L’argent sera contrôlé par moi, président des Etats-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des Etats-Unis», a-t-il assuré après avoir ouvertement admis convoiter les vastes ressources pétrolières du Venezuela.

«Accès au marché»

Le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, s’est lui défendu de toute «improvisation» de la part des autorités américaines après l’opération militaire menée au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro, aujourd’hui détenu aux Etats-Unis, affirmant que Washington avait un plan en trois étapes pour le Venezuela : «La première étape est la stabilisation du pays», la deuxième, nommée «rétablissement», consiste à «s’assurer que les entreprises américaines, occidentales, et autres aient accès au marché vénézuélien de manière juste», tandis que la troisième serait «bien sûr, de transition», a-t-il ajouté, sans détailler le processus dans ce dernier cas. La Maison Blanche a répété que du point de vue de Washington, il était «prématuré» d’évoquer l’organisation d’élections au Venezuela.

Ce mercredi, Karoline Leavitt a annoncé que Donald Trump verrait vendredi les patrons de grands groupes pétroliers américains pour «discuter des immenses possibilités qui s’offrent à ces sociétés en ce moment» au Venezuela.

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