«Assez des puissances étrangères». Dans un message adressé aux travailleurs pétroliers de l’Etat d’Anzoátegui, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a tapé du poing sur la table contre l’appétit de Donald Trump, qui met le pays sous pression depuis la capture de son dirigeant, Nicolás Maduro. «Les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit. Que ce soit la politique vénézuélienne qui résolve nos divergences et nos conflits internes», a-t-elle exigé.
«Il a coûté très cher à cette république d’avoir à faire face aux conséquences du fascisme et de l’extrémisme dans notre pays», dénonce celle qui a pris la tête du Venezuela il y a trois semaines. Depuis, sous les ordres de Donald Trump, elle a signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l’opposition.
Tutelle à durée indéterminée
Le président des Etats-Unis avait fait savoir, dès la capture de Nicolás Maduro, aujourd’hui détenu aux Etats-Unis, qu’il entendait «dicter» les affaires du pays aussi longtemps qu’il le voudrait. Avec en ligne de mire les réserves de pétrole du pays, qui en possède les plus grandes réserves prouvées du monde, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Mardi 6 janvier, Donald Trump avait ordonné la confiscation de «30 à 50 millions de barils» vénézuéliens, dont il s’était accordé le contrôle de la vente. Une manœuvre qui avait déjà provoqué l’ire de Delcy Rodriguez. «Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre», avait-elle tonné.
Chronologie
Depuis, le tout-puissant dirigeant des Etats-Unis n’a pas desserré son étau. Interrogé le 8 janvier par les journalistes du New York Times, Donald Trump est resté évasif sur la durée de la tutelle américaine sur le Venezuela. «Seul l’avenir nous le dira», avait-il alors éludé, laissant entendre qu’elle pourrait s’étendre à «beaucoup plus longtemps» qu’un an. Quelques jours plus tard, le chef d’Etat avait publié, sur sa plateforme Truth Social, un montage d’une fausse page Wikipédia le présentant comme le président du Venezuela.
Les bras droits du président américain œuvrent aussi à maintenir la pression. Début janvier, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, avait détaillé son plan pour le Venezuela : «stabilisation», «rétablissement» puis, seulement, une période de «transition». Dans la foulée, Washington avait précisé qu’il était encore «prématuré» d’évoquer l’organisation d’élections au Venezuela.




