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Analyse

Venezuela : l’offensive antidrogue de Trump vire à l’escalade militaire

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L’envoi du porte-avions USS-Gerald-Ford et la stratégie de pression maximale de Washington font planer la menace d’une escalade sans précédent, tandis que Caracas répond par une démonstration militaire tout aussi agressive.

Cette photo, diffusée par l'armée vénézuélienne, un système de missile Buk M2E de fabrication russe chargé d'un missile portant l'inscription « Anticolonialiste » lors d'un exercice d'entraînement à Caracas le 11 novembre. (Bolivarian National Armed Forces of Venezuela/AFP)
Publié le 14/11/2025 à 18h08

Pour donner le ton, Pete Hegseth a choisi une formule martiale et légèrement paternaliste : «L’hémisphère Ouest est le voisinage de l’Amérique – et nous le protégerons.» En annonçant jeudi 13 novembre l’opération Southern Spear («Lance du Sud»), officiellement destinée à «éliminer les narcoterroristes», le secrétaire américain à la Défense n’a pas uniquement formalisé le dispositif militaire déjà présent dans les Caraïbes et à l’est du Pacifique. Il a envoyé un signal limpide à Caracas : la projection de la puissance américaine dans la région, inédite depuis des décennies, n’est plus seulement un empilement d’escadres et de frappes ciblées, mais l’esquisse assumée d’une escalade.

Pour une administration américaine résolue à défendre la «patrie» et donc son «voisinage», la logique est si revendiquée qu’elle a décidé de mobiliser le plus imposant navire de guerre du monde : le porte-avions USS-Gerald-Ford. Escorté de trois destroyers eux-mêmes

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