Pour donner le ton, Pete Hegseth a choisi une formule martiale et légèrement paternaliste : «L’hémisphère Ouest est le voisinage de l’Amérique – et nous le protégerons.» En annonçant jeudi 13 novembre l’opération Southern Spear («Lance du Sud»), officiellement destinée à «éliminer les narcoterroristes», le secrétaire américain à la Défense n’a pas uniquement formalisé le dispositif militaire déjà présent dans les Caraïbes et à l’est du Pacifique. Il a envoyé un signal limpide à Caracas : la projection de la puissance américaine dans la région, inédite depuis des décennies, n’est plus seulement un empilement d’escadres et de frappes ciblées, mais l’esquisse assumée d’une escalade.
Pour une administration américaine résolue à défendre la «patrie» et donc son «voisinage», la logique est si revendiquée qu’elle a décidé de mobiliser le plus imposant navire de guerre du monde : le porte-avions USS-Gerald-Ford. Escorté de trois destroyers eux-mêmes




