Menu
Libération
Effort en vain

Venezuela : Maria Corina Machado remet sa médaille du prix Nobel à Trump mais n’obtient toujours pas son soutien

L’opposante vénézuélienne s’est rendue à Washington jeudi pour un déjeuner avec le président américain, dont elle est ressortie avec des déclarations de gratitude et un sac de cadeaux portant la griffe du milliardaire. Mais pas son appui pour approcher le pouvoir.

Donald Trump rencontre la leader de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado dans le Bureau ovale, le 15 janvier 2026. (Daniel Torok/The White House/REUTERS)
Publié le 16/01/2026 à 8h32, mis à jour le 16/01/2026 à 15h00

Donald Trump aime les trophées. On avait pu s’en apercevoir lorsque Gianni Infantino, patron «autocrate» de la Fifa, lui avait remis, dans une façon de conforter la connivence entre l’instance mondiale du foot et Washington, un «prix de la paix» avant le tirage au sort de la gargantuesque coupe du monde 2026 aux Etats-Unis. L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, désignée vainqueure du prix Nobel de la paix en novembre face à Donald Trump, s’en est souvenue en remettant jeudi à la Maison Blanche sa médaille au président autoritaire américain, lors d’un déjeuner en tête à tête, fermé à la presse.

«Il le mérite. C’était un moment très émouvant», a déclaré cette figure d’extrême droite (elle est proche du libertarien argentin Milei, du pinochétiste chilien Juan Antonio Kast) de l’opposition au pouvoir autoritaire chaviste lors d’un entretien à la chaîne américaine Fox News. Le geste a contenté Trump, qui convoitait la distinction après avoir obtenu un fragile cessez-le-feu à Gaza : «Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Quel magnifique geste de respect mutuel. Merci Maria !»

«Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat»

Le geste n’a pas été sans se faire remarquer par le Centre Nobel de la Paix, musée situé à Oslo. Dans un message sur X, il a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction. Rappelant les précédents en la matière, il a ajouté : «Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat.»

Le cadeau ne parait pas remplir l’objectif prêté à Machado : obtenir un soutien de la Maison Blanche pour accéder au pouvoir. Au contraire. Jeudi, Donald Trump a dit tout le bien qu’il pensait de Delcy Rodriguez, la présidente intérimaire du Venezuela, dont il préfère «dicter» les décisions, estimant depuis la capture de Maduro que Machado n’avait pas le soutien du peuple vénézuélien pour gouverner le pays. La successeure de Nicolas Maduro a, elle, été jugée «formidable», alors que les Etats-Unis ont finalisé une vente de pétrole vénézuélien, réputé pour sa lourdeur, la première depuis leur reprise en main du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars.

De son voyage à Washington, Machado a préféré retirer le positif : «Je lui ai assuré que les Vénézuéliens voulaient vivre libres, dignement, dans la justice», a raconté l’opposante aux journalistes, tandis que la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt voyait en elle «une voix remarquable et courageuse pour beaucoup de Vénézuéliens». Mais pas de quoi faire évoluer Trump : «Pour le moment, son opinion sur le sujet n’a pas changé.» Machado devra se contenter d’un sac de goodies portant la griffe du président américain, avec lequel elle a été vue sortant de la Maison Blanche. Ce qui ne l’a pas empêché d’assurer, le lendemain, qu’elle serait élue présidente du Venezuela «le moment venu».

Dans la même rubrique