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Venezuela : pour Trump, la tutelle américaine sur Caracas durera «beaucoup plus longtemps» qu’un an

Dans un entretien au «New York Times» publié jeudi 8 janvier, le président américain a dit prévoir de reconstruire le Venezuela et de garder la main sur son industrie pétrolière.

Donald Trump gesticule face aux républicains de la Chambre des représentants lors de leur retraite annuelle consacrée aux questions d'actualité, au Kennedy Center, à Washington, Etats-Unis, le 6 janvier 2026. (Kevin Lamarque/REUTERS)
Publié le 08/01/2026 à 12h27

L’ingérence prend toute l’ampleur attendue. Les Etats-Unis pourraient conserver le contrôle du Venezuela durant plusieurs années, a affirmé le président américain Donald Trump dans un entretien publié ce jeudi 8 janvier par le New York Times. «Seul l’avenir nous dira» combien de temps Washington entend garder la tutelle sur Caracas, a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, Donald Trump a répondu : «Je dirais beaucoup plus longtemps.»

Contrôle sur le pétrole

«Nous allons reconstruire le pays de manière très rentable», a poursuivi le président américain, répétant son plan extractiviste pour le pays. «Nous allons utiliser du pétrole et en importer. Nous allons faire baisser les prix du pétrole et donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin.» Des propos dans la continuité de ceux tenus quelques heures plus tôt par des responsables de son administration prévoyant de prendre le contrôle effectif de la vente du pétrole vénézuélien pour une durée «indéterminée».

Dès mardi soir, Donald Trump avait assuré que le Venezuela allait remettre aux Etats-Unis «entre 30 et 50 millions de barils de pétrole», se réservant le contrôle sur cette ressource : «Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi.» Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Mercredi, l’administration Trump a assuré que la transaction s’inscrivait dans le cadre d’un «accord historique» avec Caracas, qui ne s’arrêtera pas aux millions de barils qu’il a évoqués.

«Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela»

Mais les autorités vénézuéliennes s’opposent vivement à la manœuvre. Delcy Rodriguez a rétorqué mardi qu’«aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela». Et la présidente par intérim d’affirmer que «le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre».

Mercredi, l’ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro a tout de même déclaré qu’il n’y a «rien d’extraordinaire ni d’irrégulier» à l’échange commercial entre les deux pays, après que la compagnie pétrolière d’Etat a annoncé une négociation de vente avec les Etats-Unis. «Nos mains sont tendues vers tous les pays du monde, pour des relations, pour une coopération économique, commerciale et énergétique», a-t-elle précisé lors d’une cérémonie officielle.

Plus globalement, Trump a ouvertement déclaré que les Etats-Unis entendent «dicter» jusqu’à nouvel ordre les décisions des autorités du Venezuela, et averti la présidente par intérim qu’elle «paierait plus cher que Maduro» si elle ne mettait pas en place «ce qu’il faut» pour répondre aux exigences américaines, à savoir la cession du contrôle de l’industrie pétrolière et l’affaiblissement des liens du Venezuela avec Cuba, la Chine, l’Iran et la Russie.

Mise à jour à 12 h 27, avec l’ajout de déclarations de Delcy Rodriguez.
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