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Venezuela : rencontre attendue entre Donald Trump et María Corina Machado, l’opposante à Maduro

Le président américain reçoit ce jeudi la lauréate du prix Nobel de la paix à Washington, au lendemain d’un entretien avec Delcy Rodríguez, la présidente par intérim. Les Etats-Unis ont par ailleurs saisi un nouveau pétrolier vénézuélien.

María Corina Machado, le 11 décembre 2025, et Donald Trump, le 13 janvier 2026. (Leonhard Foeger. Reuters/Mandel Ngan. AFP)
Publié le 15/01/2026 à 8h35

Cette fois, la rencontre ne se fera pas à Mar-a-Lago, la résidence de Donald Trump devenue l’épicentre de sa diplomatie parallèle. Le président américain reçoit ce jeudi 15 janvier à 18 h 30 (heure de Paris) l’opposante vénézuélienne María Corina Machado à la Maison Blanche, à Washington. Il a jusqu’ici écarté la Prix Nobel de la paix de sa stratégie au Venezuela, mais semble espérer un geste concernant cette récompense qu’elle a reçu l’an dernier.

Cette rencontre intervient au lendemain d’une «longue conversation» entre Trump et la présidente par intérim du pays d’Amérique latine, Delcy Rodríguez. L’existence de cet appel confirmant sa ferme intention de traiter jusqu’à nouvel ordre avec l’équipe dirigeante restée en place à Caracas après la capture du président Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines.

Le milliardaire n’a eu pour l’heure que des éloges pour l’ancienne vice-présidente du dirigeant déchu : une «personne formidable» avec qui il travaille «très bien». Delcy Rodriguez a de son côté souligné un entretien «productif et courtois», «dans un cadre de respect mutuel». Peu après la capture de Nicolás Maduro, Donald Trump avait par ailleurs estimé que María Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger le pays.

S’il ne montre aucune velléité pour l’instant de soutenir l’opposition vénézuélienne ni d’organiser des élections dans ce pays, le républicain a assuré à la chaîne Fox News qu’il était «impatient» de voir María Corina Machado. Interrogé lors de cet entretien sur la possibilité que l’opposante vénézuélienne lui cède son prix Nobel, une distinction qu’il estime mériter plus que quiconque, Donald Trump a répondu : «J’ai entendu qu’elle voulait faire ça. Ce serait un grand honneur

L’Institut Nobel a souligné qu’il était absolument impossible de transférer, partager ou révoquer un prix Nobel une fois qu’il a été attribué. Si cela s’applique à la distinction elle-même dans sa dimension immatérielle, dont le ou les lauréats ne peuvent pas être modifiés a posteriori, María Corina Machado peut en théorie disposer comme elle l’entend notamment du diplôme et de la médaille qu’elle a reçus.

«Mépris de la quarantaine imposée par le président Trump»

Trump entend dicter toute décision prise par Caracas, notamment en matière pétrolière, jusqu’à nouvel ordre. «Ce partenariat entre les Etats-Unis et le Venezuela sera spectaculaire pour tous», a encore assuré Donald Trump mercredi sur son réseau Truth Social. Pour arriver à ses fins, il lui faudra toutefois convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d’investir massivement dans les infrastructures au Venezuela.

Reste que le blocus américain sur les pétroliers vénézuéliens se poursuit, avec l’arraisonnement d’un nouveau tanker ce jeudi, le sixième depuis mi-décembre, a annoncé l’armée américaine. Le Veronica, battant pavillon guyanais, «opérait au mépris de la quarantaine imposée par le président Trump». Le navire se trouvait dans les eaux des Caraïbes, après avoir quitté les eaux vénézuéliennes à vide début janvier, rapporte l’agence Reuters.

La Maison Blanche a par ailleurs assuré que la pression américaine a été déterminante pour les libérations de prisonniers décidées par Caracas, même si Delcy Rodriguez souligne qu’il s’agissait d’un processus entamé par le président déchu Nicolás Maduro avant sa capture. Nuançant depuis le début du processus les chiffres officiels bien plus élevés, l’ONG Foro Penal a recensé 72 libérations, alors que proches et ONG parlent de libérations au compte-gouttes. Des ONG considèrent que plus de 800 prisonniers politiques croupissent dans les geôles du pays.

Mise à jour à 16 h 59, avec l’ajout de la saisie d’un pétrolier vénézuélien par l’armée américaine.

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