Aux Etats-Unis de Donald Trump, un drapeau arc-en-ciel peut coûter une carrière. David Maltinsky, ancien employé du FBI, a annoncé mercredi 19 novembre avoir porté plainte contre l’agence fédérale américaine après avoir été licencié au mois d’octobre pour avoir affiché un drapeau LGBT+ dans son bureau. D’après la plainte, ce renvoi est intervenu après seize ans de services au sein du service, alors que l’intéressé était sur le point d‘achever la formation qui devait lui permettre d’obtenir la promotion d’«agent spécial».
Depuis sa prise de poste en 2009 à Los Angeles, son engagement et son dévouement avaient pourtant régulièrement été salués. En 2016, après la fusillade qui avait causé la mort de 49 personnes dans une boîte gay d’Orlando, en Floride, son implication en faveur de la diversité au sein du FBI avait même été récompensée par la direction de Washington, rappelle le New York Times.
A lire aussi
Malgré ce parcours, le directeur du FBI, Kash Patel, l’a informé par lettre de son licenciement il y a un mois, invoquant «un affichage inapproprié d’un symbole politique dans son espace de travail», selon le plaignant.
Une annonce d’autant plus surprenante que le symbole en question, aux couleurs LGBT +, lui avait été remis par ses supérieurs eux-mêmes reconnaissants de son «action pour rendre le FBI meilleur». Ces derniers lui avaient par ailleurs garanti que son affichage était «entièrement permis et approprié».
«Campagne de représailles»
Dans sa plainte déposée à Washington, David Maltinsky dénonce ainsi une violation de son droit à la liberté d’expression garanti par la Constitution et demande sa réintégration au sein du bureau de renseignements. «Cette affaire va au-delà de la carrière d’un homme», a souligné son avocat Christopher Mattei, estimant qu’il «s’agit plutôt de savoir si le gouvernement peut punir les Américains pour avoir simplement assumé qui ils sont».
Son licenciement survient effectivement dans un contexte de durcissement conservateur impulsé par l’administration de Donald Trump au sein des agences fédérales, en particulier sur les questions de diversités ethniques et sexuelles. Depuis son retour au pouvoir en 2024, le président américain et une partie de ses soutiens s’en prennent avec ardeur au «wokisme», un concept flou utilisé de manière péjorative par les conservateurs pour dénoncer un supposé excès de militantisme en faveur des minorités.
Reportage
Et parmi les fidèles du président républicain, Kash Patel, à l’origine du licenciement de David Maltinsky, est accusé d’avoir politisé le FBI, en limogeant ou critiquant des agents ayant travaillé par le passé sur des affaires impliquant Donald Trump.
D’autres plaintes contestant les mutations de personnel au sein du bureau fédéral ont en effet été déposées depuis le début du second mandat du président. En septembre, rappelle le Washington Post, trois hauts responsables du FBI ont affirmé avoir été évincés dans le cadre d’une «campagne de représailles» menée par un directeur sensible à la pression politique de l’administration Trump. Une stratégie de gestion interne fondée sur les caprices politiques du président, selon Christopher Mattei, qui compromet «la capacité [du FBI] à remplir sa mission de maintien de l’ordre».




