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Warner Bros Discovery rejette une nouvelle offre de Paramount, préférant toujours Netflix

Dans un communiqué, le conseil d’administration du groupe de télévision et de cinéma a annoncé ce mercredi 7 janvier avoir rejeté «unanimement» l’offre améliorée de rachat faire par son concurrent. Au grand désespoir de Donald Trump.

Le studio Warner Bros à Burbank, en Californie, aux Etats-Unis, le 8 décembre 2025. (Mike Blake/REUTERS)
Publié le 07/01/2026 à 14h45

Comme une impression de déjà-vu. Le conseil d’administration de Warner Bros Discovery a annoncé ce mercredi 7 janvier avoir «unanimement» rejeté l’offre améliorée de rachat faite par son concurrent Paramount. Le groupe de télévision et de cinéma lui préfère toujours Netflix. La nouvelle offre de Paramount «demeure inférieure à notre accord de fusion avec Netflix sur plusieurs points clés», a ainsi indiqué le président du conseil d’administration de Warner Bros, Samuel A. Di Piazza Jr, cité dans un communiqué.

Paramount n’a pas relevé le montant de son offre d’achat, à 108 milliards de dollars, mais en a changé certains paramètres par rapport à la précédente offre soumise début décembre, ajoutant notamment une garantie personnelle de 40,4 milliards de dollars du milliardaire Larry Ellison, père du patron de Paramount. Le rejet de Warner est motivé par «des coûts, des risques et des incertitudes importants» que comporte l’offre de Paramount, explique le groupe dans une lettre adressée à ses actionnaires, dont le contenu est reproduit dans son communiqué. La première offre avait déjà été refusée quelques jours plus tard par Warner Bros Discovery pour le même motif.

L’ombre de Donald Trump

Donald Trump s’est personnellement investi dans ces projets de rachat. Début décembre, le président des Etats-Unis avait exprimé ses doutes sur le rachat de Warner Bros. Discovery (WBD) par Netflix, soulignant que le géant du streaming vidéo avait déjà «une très grosse part de marché» et ajoutant : «Ça pourrait être un problème.»

Si le projet de fusion dans sa forme actuelle allait à son terme, Netflix avalerait la plateforme concurrente HBO Max, ainsi que les studios Warner Bros. Or Netflix est la première plateforme mondiale de vidéo à la demande et HBO Max la troisième (hors Amazon Prime Video), Disney + complétant le podium. La plateforme se retrouverait à la tête d’un catalogue gigantesque, qui comprend les sagas Harry Potter et le Seigneur des anneaux, les super-héros de DC Studios (Batman, Superman ou encore Wonder Woman) ou encore la série Game of Thrones. Le rachat va cependant avant ça devoir être validé par le régulateur américain de l’audiovisuel, la FCC.

Mais le scepticisme de Donald Trump n’est pas que lié à la peur de voir Netflix écraser toute la concurrence. Le patron de Paramount Skydance, David Ellison, a l’oreille du président, qui est proche de son père Larry Ellison, président de l’entreprise technologique Oracle. Par extension, plusieurs acteurs et observateurs de Hollywood redoutent que le chef de l’Etat n’utilise le pouvoir du régulateur comme levier pour dicter ses conditions ou privilégier un fidèle. «Ce qui me terrifie […], c’est la façon dont ce gouvernement s’est servi de projets de fusions comme instruments de pression politique et de censure», a écrit la comédienne Jane Fonda dans une tribune publiée par le site spécialisé The Ankler.

Mise à jour à 15 h 18 avec davantage de précisions
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