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Défense

Washington relance ses ventes d’armes à Taiwan, une première depuis le retour au pouvoir de Trump

Taipei, qui a annoncé muscler son budget de défense pour 2026, va par ailleurs bénéficier de livraisons militaires américaines afin de défendre sa souveraineté menacée par la Chine.

Des armes américaines exposées au salon Taipei Aerospace & Defense Technology Exhibition 2025, à Taipei (Taiwan), le 19 septembre 2025. (Daniel Ceng/Anadolu. AFP)
Publié le 14/11/2025 à 11h54

Les Etats-Unis ont approuvé la première vente d’armes à Taiwan depuis le retour au pouvoir en janvier de Donald Trump, a annoncé ce vendredi 14 novembre le ministère taïwanais des Affaires étrangères, tandis que Pékin a exprimé sa «ferme» opposition. Etats-Unis tendent la main à Taiwan.

Washington reste le soutien le plus puissant de Taiwan, dont la Chine revendique la souveraineté. Pékin affirme qu’elle fait partie de son territoire dont, selon son président, Xi Jinping, «personne ne peut arrêter la réunification», et menace d’utiliser la force pour la ramener sous son contrôle.

Réagissant à cette annonce, le gouvernement communiste a exprimé son fort mécontentement : «La question de Taiwan est au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue une ligne rouge absolue dans les relations sino-américaines», a déclaré à des journalistes Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, ajoutant que Pékin s’opposait «fermement» à cette vente.

Si les Etats-Unis sont juridiquement tenus de fournir des armes à Taiwan, Washington a longtemps maintenu une «ambiguïté stratégique» quant à un éventuel déploiement de ses forces armées pour défendre l’île en cas d’attaque chinoise. «C’est la première fois que la nouvelle administration Trump annonce une vente d’armes à Taiwan», a déclaré le ministère taïwanais, après l’approbation par le Département d’Etat américain d’une vente d’armes.

330 millions de dollars

Taïwan, qui tente en parallèle de réduire les droits de douane de 20 % imposés par l’administration Trump sur ses exportations, avait demandé «des composants, des pièces de rechange et des accessoires, ainsi qu’un soutien pour la réparation et le retour des avions F-16, C-130 et Indigenous Defense Fighter (IDF)» pour un montant de 330 millions de dollars, selon une déclaration publiée par l’Agence de coopération pour la sécurité de la défense des Etats-Unis. Si l’île dispose de sa propre industrie de défense, son armée serait largement dépassée en cas de conflit avec la Chine, ainsi, elle reste fortement dépendante des armes américaines pour assurer sa défense.

5 % du PIB d’ici à 2030

Le président taïwanais, William Lai, issu du Parti démocrate progressiste, s’est engagé à augmenter les dépenses de défense à plus de 3 % du PIB l’année prochaine et à 5 % d’ici à 2030 alors que la Chine maintient sa pression militaire autour de l’île. Pour rappel, en 2017, son budget militaire était d’un peu plus de 8,44 milliards d’euros, contre environ 18 milliards d’euros en 2025.

Mais les projets du gouvernement visant à établir un budget spécial de défense doté de 32 milliards de dollars pourraient être contrecarrés par le principal parti d’opposition, le Kuomintang (KMT), qui contrôle le Parlement avec l’aide du Parti populaire taïwanais. La nouvelle présidente du KMT, Cheng Li-wun, favorable à Pékin, a récemment déclaré à l’AFP que Taïwan ne pouvait pas se permettre d’augmenter ses dépenses de défense au-delà de 3 % du PIB.

Les élus de l’opposition ont exprimé leur mécontentement face au retard pris dans d’ultérieures livraisons américaines à Taïwan, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, causé par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement liées à pandémie et les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine et à Israël.

Légitime défense collective

Cette vente d’armes par les Etats-Unis intervient alors que Pékin et Tokyo se disputent au sujet des déclarations de la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, connue pour ses positions fermes au sujet de la souveraineté de Taiwan. Elle a récemment déclaré au Parlement que des attaques armées contre Taiwan pourraient justifier l’envoi de troupes pour soutenir l’île au titre de la «légitime défense collective».

Des propos que Pékin a fustigés, le ministère chinois des Affaires étrangères déclarant jeudi 13 novembre qu’il «ne les tolérerait en aucun cas».

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