Après Meta et X (ex-Twitter), c’est au tour de YouTube de courber l’échine devant Donald Trump. Le géant des vidéos en ligne, filiale de Google, préfère payer 22 millions de dollars que d’aller jusqu’au procès contre le président des Etats-Unis, selon un document judiciaire publié lundi 29 septembre au soir.
Le contentieux porte sur la suspension du compte de Donald Trump, le 12 janvier 2021, après l’assaut du Capitole par les partisans du milliardaire. YouTube avait justifié sa décision en disant que Donald Trump avait enfreint le règlement de la plateforme en appelant à contester physiquement le résultat du scrutin présidentiel de 2020. Son compte n’avait été rétabli qu’en mars 2023.
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YouTube n’a reconnu aucun tort et ne s’est pas engagée à une action corrective. Mais en acceptant de payer, la plateforme s’évite un procès, dont la date n’avait pas encore été fixée. L’observatoire des médias Media Matters voit dans la décision de YouTube une «capitulation honteuse et de courte vue». «Se soumettre sans raison maintenant revient à encourager Trump et ses efforts visant à étouffer les voies dissidentes en mettant au pas les médias et les plateformes en ligne», a ajouté Angelo Carusone, le président de cette association classée à gauche.
Dans le cadre de ce compromis, qui doit encore être validé par une juge fédérale d’Oakland en Californie, YouTube va également payer 2,5 millions de dollars à d’autres titulaires de comptes également suspendus après les événements du 6 janvier. Figurent notamment parmi eux les personnalités conservatrices Austen Fletcher et Naomi Wolf, qui relaient régulièrement des théories conspirationnistes.
Les arguments juridiques de Trump trop légers ?
En privilégiant le compromis, Youtube ne fait qu’imiter ses concurrents. Également accusés par Donald Trump d’avoir injustement fermé son compte, Meta (Facebook) avait consenti fin janvier 2025 à s’acquitter de 21 millions de dollars pour éviter un procès, imité, quelques semaines plus tard, par X, à hauteur de 10 millions.
De nombreux juristes ont pourtant estimé, depuis l’assignation, que les arguments juridiques de Donald Trump étaient insuffisants pour envisager une décision favorable au président devant un tribunal. YouTube, Meta ou X étant des entreprises privées, disaient-ils, rien ne les empêche de réguler le contenu qui est publié ou non sur leurs plateformes, ce principe l’emportant sur celui d’une possible atteint à la liberté d’expression.
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Outre Meta et X, la transaction avec YouTube intervient après des accords amiables entre le président américain et plusieurs groupes de médias poursuivis par Donald Trump. En juillet, CBS s’est engagé à débourser 16 millions de dollars pour clore une procédure liée à une interview de l’ancienne candidate démocrate à la présidence des États-Unis, Kamala Harris, en pleine campagne. Donald Trump reprochait à la chaîne d’avoir édité un passage de l’entretien dans lequel l’ex-vice-présidente répondait de façon «incohérente». En décembre, ABC, déjà, avait accepté de régler un autre contentieux aussi initié par le milliardaire républicain, en déboursant 15 millions de dollars.
Donald Trump s’est bien entendu félicité de cette «victoire MASSIVE» sur son réseau Truth Social. «YouTube CAPITULE !», se félicite le message montrant un photomontage du président, tout sourire et pouce levé, recevoir un chèque des mains de Neal Mohan, le patron de la plateforme, dans les jardins de la Maison Blanche. Les avocats du chef de l’Etat ont déclaré que la somme serait reversée à un trust qui a notamment pour mission de financer la construction d’une gigantesque salle de bal à la Maison Blanche.




