Une réception en grande pompe, dans le cadre monumental du Palais du peuple, décor des congrès du Parti communiste chinois. Le président chinois, Xi Jinping, a accueilli ce jeudi 4 décembre au matin son homologue français, Emmanuel Macron, à Pékin, où ce dernier effectue sa quatrième visite d’Etat depuis son élection en 2017. Les deux dirigeants ont écouté les hymnes nationaux et passé en revue la garde. Lors d’une apparition commune devant les médias, le Français a dit avoir «longuement évoqué» avec son interlocuteur la question de l’Ukraine, «menace vitale pour la sécurité européenne». «J’espère que la Chine pourra se joindre à notre appel et à nos efforts pour parvenir dans les meilleurs délais à tout le moins à un cessez-le-feu», a pressé Emmanuel Macron, qui a aussi appelé Pékin à corriger les déséquilibres commerciaux.
Xi Jinping a pour sa part exprimé son souhait de voir les relations économiques se développer de manière «équilibrée» et sa volonté de paix en Ukraine. «La Chine soutient tous les efforts pour la paix» et «continuera à jouer un rôle constructif pour une solution à la crise», a-t-il assuré. «En même temps, elle s’oppose fermement à toute tentative irresponsable visant à rejeter la faute ou à diffamer quiconque», a-t-il ajouté. Un peu plus tôt, Emmanuel Macron avait plus largement reconnu l’existence de «désaccords», mais avait affirmé «la responsabilité de savoir les dépasser, de trouver des mécanismes de coopération, de règlement des différends pour un multilatéralisme efficace auquel nous croyons».
Différends profonds
Le chef de l’Etat français, arrivé mercredi soir, accompagné par 35 dirigeants de grands groupes (Airbus, EDF, Danone…) et d’entreprises familiales, du luxe à l’agroalimentaire, a assisté à la signature d’un certain nombre de contrats. L’Elysée présente le temps que les deux dirigeants passeront ensemble d’ici à vendredi, y compris à titre privé, comme un signe de l’importance de la relation.
Cependant, les différends avec la France et, plus largement l’Europe, sont profonds. L’Europe voudrait voir la Chine user de son influence pour mettre fin à la guerre à ses portes. La Chine assure constamment vouloir la paix. Mais elle n’a jamais condamné l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Partenaire économique et politique primordial de la Russie, elle est le premier pays acheteur de combustibles fossiles russes au monde, y compris de produits pétroliers, alimentant ainsi la machine de guerre. Des Européens l’accusent de fournir des composants militaires à Moscou.
Tribune
Les déséquilibres commerciaux constituent un autre lourd contentieux, avec les pratiques commerciales chinoises jugées déloyales, des voitures électriques à l’acier. La relation entre la Chine et l’Union européenne se caractérise par un déficit commercial massif (357 milliards de dollars) en défaveur de l’UE. Emmanuel Macron semble avoir été entendu dans son appel à des investissements croisés, avec un partage de technologies comparable à celui opéré par les Européens et qui a contribué au décollage économique de Pékin, synonyme de création d’emplois et de valeur ajoutée.
Une lettre d’intention a été signée en ce sens. «Les deux parties se sont engagées à promouvoir le développement équilibré des relations économiques et commerciales bilatérales, à accroître les investissements réciproques et à offrir un environnement commercial équitable, transparent, non discriminatoire et prévisible pour les entreprises des deux pays», a déclaré Xi Jinping ce jeudi.




