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Après la tuerie de Sydney, l’Australie durcit sa législation

Plus d’un mois après l’attentat antisémite, le pays a officialisé ce mardi 20 janvier une nouvelle législation. Celle-ci contient deux volets majeurs : l’un sur les personnes diffusant des discours de haine, l’autre sur les armes à feu.

Après la fusillade terroriste à Bondi Beach, le 14 décembre 2025, à Sydney, en Australie. (George Chan/Getty Images via AFP)
Publié le 20/01/2026 à 15h12

Le Parlement australien a adopté ce mardi 20 janvier des lois plus strictes sur les crimes motivés par la haine et les armes à feu, quelques semaines après la tuerie antisémite sur la plage de Bondi, à Sydney, qui a fait 15 morts en décembre. Deux assaillants, un père et son fils, Sajid et Naveed Akram, avaient ouvert le feu à au moins 40 reprises, pendant une dizaine de minutes le 14 décembre, sur une foule rassemblée pour célébrer la fête juive de Hanoukka. Le père, de nationalité indienne, a été tué par la police. Son fils de 24 ans, né en Australie dont il détient la nationalité, est aux mains des autorités.

«Les terroristes avaient la haine au cœur, mais ils avaient aussi de puissantes armes», a déclaré le Premier ministre, Anthony Albanese, à la Chambre basse du Parlement. «Nous agissons sur deux fronts, lutter contre l’antisémitisme et contre la haine et retirer les armes dangereuses de nos rues», a-t-il ajouté. Les deux chambres du Parlement ont voté en faveur de ces lois, en réponse à cette fusillade qui a provoqué un choc dans le pays et de la colère face à l’incapacité de protéger les Australiens juifs.

Ce que contiennent les lois

Les lois adoptées ce mardi durcissent les peines visant les personnes diffusant des discours de haine ou visant à promouvoir la violence. La nouvelle législation établit un cadre pour inscrire des organisations sur la liste des mouvements interdits. Elle facilite également le refus ou l’annulation de visas pour les personnes soupçonnées de terrorisme ou diffusant la haine sur la base de la race, de la couleur ou de l’origine.

En matière d’armes à feu, l’Australie mettra en place un programme national de rachat d’armes, durcira les règles d’importation des armes et étendra les vérifications des antécédents pour les permis de port d’arme. D’après le Guardian, l’importation de diverses armes à feu sera désormais interdite et celle des bandes de munitions, des chargeurs de plus de 30 cartouches et des silencieux sera davantage réglementée. Les permis d’importation seront, quant à eux, supprimés.

Selon le gouvernement, il y a un nombre record de 4,1 millions d’armes à feu dans le pays, soit davantage qu’en 1996, lorsqu’une fusillade de masse avait fait 35 morts à Port Arthur, en Tasmanie (sud). A l’époque, une opération de rachat d’armes à feu avait également été menée, et permis aux autorités australiennes de récupérer plus de 600 000 armes à leurs propriétaires.

Mais pour certains responsables, cette nouvelle législation adoptée dans l’urgence a été précipitée. La sénatrice Larissa Waters, dirigeante du parti des Verts, a ainsi estimé que ces lois pourraient avoir «d’importantes conséquences involontaires», notamment en restreignant la liberté d’expression. Elle a aussi demandé que les protections contre les discours de haine soient étendues à d’autres, y compris aux personnes ciblées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur handicap.

Selon la police, les deux assaillants n’ont apparemment pas reçu d’aide extérieure et ne faisaient pas partie d’une organisation terroriste. Ils s’étaient toutefois rendus dans le sud des Philippines dans les semaines précédant la tuerie. Ce voyage a alimenté les soupçons autour de possibles liens avec des extrémistes dans une région connue pour plusieurs insurrections islamistes. Selon la police, ils ont «minutieusement planifié» l’attaque des mois durant. Les enquêteurs ont diffusé des images d’eux en train de s’entraîner avec des armes à feu dans la campagne australienne. Les deux hommes avaient aussi enregistré en octobre une vidéo contre les «sionistes», assis devant un drapeau du groupe Etat islamique, selon la police.

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