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Libération
Guerre commerciale

Après son voyage en Chine, Emmanuel Macron menace de «prendre des mesures fortes» contre Pékin sur les droits de douane

Dans un entretien au journal «les Echos» publié ce dimanche, le président de la République estime que la France pourrait être contrainte d’agir «dans les tout prochains mois» pour protéger son industrie face aux produits chinois.

Emmanuel Macron devant des étudiants à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, vendredi 5 décembre. (Sarah Meyssonnier/AFP)
Publié le 07/12/2025 à 12h56

De retour de Chine, Emmanuel Macron attaque Pékin sur le terrain commercial. «Je leur ai dit que s’ils ne réagissaient pas, nous, Européens, serions contraints, dans les tout prochains mois, de prendre des mesures fortes […] à l’instar des Etats-Unis, comme par exemple des droits de douane sur les produits chinois», rapporte le président de la République dans un entretien au journal les Echos publié ce dimanche 7 décembre, deux jours après la fin d’une visite d’Etat au cours de laquelle il a rencontré son homologue, Xi Jinping. Washington, cité ici par Emmanuel Macron, impose de forts tarifs douaniers sur les produits chinois, qui ont toutefois été réduits de 57 % à 47 % dans le cadre d’un accord annoncé fin octobre entre les deux pays.

«La Chine vient percuter le cœur du modèle industriel et d’innovation européen, historiquement basé sur la machine-outil et l’automobile», relève le chef d’Etat dans les Echos. Le protectionnisme de l’administration Trump, dit-il, aggrave les choses car il «accroît nos problèmes en redirigeant les flux chinois massivement sur nos marchés». «Aujourd’hui, nous sommes pris entre les deux et c’est une question de vie ou de mort pour l’industrie européenne», déplore Emmanuel Macron, qui note cependant un manque d’unité au niveau européen sur le sujet, notamment car l’Allemagne, très présente en Chine, n’est «pas encore totalement sur notre ligne».

Accepter des investissements

Lors de sa visite en Chine, Emmanuel Macron a affirmé que l’Europe, pour réduire son déficit commercial avec la Chine, devait accepter des investissements chinois. «Nous ne pouvons pas constamment importer. Les entreprises chinoises doivent venir sur le sol européen», insiste-t-il dans les Echos. Une dizaine de secteurs sont concernés, parmi lesquels les batteries, le raffinage de lithium, l’éolien, le photovoltaïque, les véhicules électriques, les pompes à chaleur air-air, les produits d’électroniques grand public, les technologies de recyclage, la robotique industrielle ou encore les composants avancés. Mais les investissements chinois en Europe «ne doivent pas être prédateurs, c’est-à-dire être faits à des fins d’hégémonie et de création de dépendances», souligne Emmanuel Macron.

Selon lui, l’Union européenne doit se protéger dans les secteurs les plus vulnérables, comme l’automobile face au rouleau compresseur des véhicules électriques chinois, et parallèlement «réengager une politique de compétitivité». Cela passe par «la simplification, l’approfondissement du marché unique, des investissements dans l’innovation, une juste protection de nos frontières, un aboutissement de notre union douanière […] et une politique monétaire ajustée», développe-t-il.

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