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Attentat en Australie : les familles des victimes réclament une enquête fédérale sur l’antisémitisme

La communauté juive attend que le Premier ministre, Anthony Albanese, mette en place une commission d’enquête sur les «défaillances des forces de l’ordre, du renseignement et de la politique qui ont conduit au massacre de Bondi Beach».

Hommage aux victimes à Bondi Beach, le 16 décembre 2025. (Flavio Brancaleone/REUTERS)
Publié le 29/12/2025 à 12h25

Deux semaines après le drame qui a secoué la communauté juive, les proches des victimes de l’attaque de Bondi Beach en Australie ont appelé ce lundi 29 décembre le Premier ministre Anthony Albanese à former une commission d’enquête sur «la montée rapide de l’antisémitisme» dans le pays.

«Vous nous devez des réponses. Vous nous devez la responsabilité. Et vous devez la vérité aux Australiens», ont exigé les 17 familles engagées dans ce processus, estimant que la montée de l’antisémitisme représentait une «crise nationale» et une «menace persistante». Dans une lettre diffusée ce lundi, elles ont enjoint Anthony Albanese à «établir immédiatement une Commission royale du Commonwealth» et à examiner les «défaillances des forces de l’ordre, du renseignement et de la politique qui ont conduit au massacre de Bondi Beach».

Ces proches de victimes appellent à la formation de ce qui constitue, en Australie, des comités d’enquêtes publiques du plus haut niveau, disposant de larges pouvoirs pour s’attaquer à des affaires de corruption, de pédocriminalité ou de protection de l’environnement. La dernière en date, qui remonte à 2022 selon le site du Parlement, s’était focalisée sur un vaste scandale de demandes de recouvrement de dettes frauduleuses.

Le chef du gouvernement australien n’a jusque-là pas répondu à cette demande, déclarant la semaine dernière qu’une commission royale de niveau régional, menée dans l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, où l’attentat a eu lieu, suffirait.

Le 14 décembre dernier, lors d’un rassemblement sur une plage en périphérie de Sydney pour la fête juive de Hanoukah, un père et son fils ont ouvert le feu sur les personnes présentes, faisant 15 morts et des dizaines de blessés, dans ce que les autorités ont qualifié d’attentat antisémite. Le père, de nationalité indienne, a été tué par la police et son fils de 24 ans, né en Australie dont il détient la nationalité, est détenu par les autorités.

«Poids de la responsabilité»

Le gouvernement australien avait notamment réagi à cette tuerie en annonçant, le 19 décembre, un programme de rachats d’armes à feu pour lutter contre l’extrémisme.

Hué lors de la cérémonie d’hommage aux victimes organisée dimanche 21 décembre, le Premier ministre Albanese avait présenté le lendemain des excuses publiques à la communauté juive pour cet épisode sanglant, affirmant en ressentir «le poids de la responsabilité».

En 2024, entendant apaiser les craintes de la communauté juive qui alertait sur la montée d’un climat hostile à leur égard, il avait nommé l’avocate Jillian Segal au poste d’Envoyée spéciale contre l’antisémitisme.

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