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Droits humains

Au Xinjiang, la Chine force sur le travail forcé

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Le chercheur Adrian Zenz, dont «Libération» dévoile le dernier rapport, estime qu’entre 2 et 2,5 millions de Ouïghours subissent un risque extrême de coercition. Et ce alors que l’importation par l’UE de produits fabriqués au Xinjiang est en plein boom.

Champ de tomates dans la préfecture autonome mongole de Bayin Goleng, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, en août 2021. (QUE HURE/Imaginechina via AFP)
Publié le 06/06/2022 à 0h05

Matés, les Ouïghours doivent se mettre au travail. Peu importe qu’ils soient poètes ou vivent des fruits de leur jardin, qu’ils prennent soin de leurs jeunes enfants, de leurs parents âgés ou de leurs vaches, et qu’ils préfèrent dîner le soir en famille que de vivre dans un dortoir d’usine. Dans le cadre de la «lutte contre la pauvreté», le Xinjiang exige désormais que tous les membres de la famille en état de travailler acceptent d’être transférés vers un emploi validé par l’Etat. Soit, en général, dans un secteur manufacturier à forte intensité de main-d’œuvre, comme la production de panneaux solaires, de sauce tomate ou la récolte du coton.

Un système bien rodé permet aux entreprises de passer commande d’ouvriers à l’Etat. Celui-ci se charge de les recruter, de les former sur mesure et de les livrer par lots avec un encadrement «de style militaire». Une fois embauchés, les ouvriers ne peuvent pas démissionner ou changer d’affectation de leur plein gré. Pour atteindre le «plein emploi», les autorités ont envoyé 400 000 cadres inspecter 12 millions de familles rurales l’an dernier. Lorsqu’un foyer est repéré comme susceptible de tomber sous le seuil de pauvreté, un «code d’alerte précoce» à quatre couleurs se déclenche. Les autorités locales ont alors ordre de trouver un emploi à l’adolescent ou à l’adulte considéré co

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