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Birmanie : Min Aung Hlaing, un «petit commandant» aux grandes ambitions

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A la tête d’une fortune opaque, le chef de l’armée, qui s’est rapproché de la Russie, veut se poser en garant de l’unité nationale, malgré sa responsabilité dans le massacre des Rohingyas, pour mieux défendre ses intérêts économiques.

Un manifestant piétine une photo de Min Aung Hlaing, jeudi devant l'ambassade birmane à Bangkok. (ATHIT PERAWONGMETHA/REUTERS)
Publié le 07/02/2021 à 17h19

L’Europe défile à toute vitesse. Assis près de la vitre, Min Aung Hlaing regarde le paysage fuyant du train Bruxelles-Anvers, engoncé dans son écharpe et son manteau. Le froid est assassin en cette soirée du 8 novembre 2016. Pour son premier déplacement européen, le chef de l’armée birmane, la Tatmadaw, a été reçu par le Comité militaire de l’Union européenne (CMUE), au cœur de la capitale belge, où il a donné un discours. C’est un succès diplomatique, une preuve de légitimité pour ce militaire qui incarne la «transition démocratique» et le dialogue avec l’ancienne opposante Aung San Suu Kyi. Au même moment, en Birmanie, ses troupes s’acharnent sur les Rohingyas, minorité musulmane. Ces violences, qui ont commencé un mois plus tôt, ont déjà forcé plus de 30 000 personnes à se réfugier au Bangladesh voisin. Le parallèle est désastreux mais ne contrarie jamais le voyage. Le lendemain, on l’attend à Venise.

Cette quête de respectabilité n’est plus qu’un lointain souvenir. Le 1er février, avant l’aube, Min Aung Hlaing s’est arrogé tous les pouvoirs après un coup d’Etat, douchant

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