Moins de deux mois après un accord de cessez-le-feu vanté comme «historique» par Donald Trump, la Thaïlande et le Cambodge s’accusent ce lundi 8 décembre d’avoir repris leurs affrontements à la frontière, faisant état de morts de chaque côté.
L’armée thaïlandaise affirme avoir été attaquée par le Cambodge dans la province d’Ubon Ratchathani et affirme qu’un de ses soldats a été tué et quatre autres blessés. Elle dit avoir utilisé en retour des avions de chasse pour «frapper des cibles militaires» et «mettre fin aux tirs de soutien cambodgiens». «Les frappes aériennes sont d’une grande précision et visent uniquement des objectifs militaires le long de la ligne de front, sans impact sur les civils», a précisé son porte-parole, Winthai Suvaree.
De son côté, le ministère cambodgien de la Défense a déclaré que les forces thaïlandaises avaient lancé tôt ce lundi matin une attaque dans les provinces frontalières de Preah Vihear et d’Oddar Meanchey, sans que ses troupes ne ripostent. Le ministre cambodgien de l’Information Neth Pheaktra a ensuite fait état de la mort de quatre civils cambodgiens et d’une dizaine de blessés dans les affrontements.
Reportage
L’accord de cessez-le-feu avait été signé en octobre en Malaisie, sous l’égide de Donald Trump. Il devait refermer la page de cinq jours de combats en juillet, au sol et dans les airs, qui avaient fait au moins 43 morts et contraint quelque 300 000 personnes à évacuer.
Il avait été suspendu dès novembre par la Thaïlande après l’explosion d’une mine terrestre ayant blessé quatre de ses soldats. Bangkok accuse régulièrement son voisin d’installer de nouvelles mines le long de la frontière. Mais le Cambodge avait alors exprimé ses «regrets» et affirmé qu’il s’agissait de vestiges des conflits passés.
Tracé de frontière
Phnom Penh avait rappelé son engagement envers l’accord. Les deux parties s’étaient engagées à retirer leurs armes lourdes, à déminer les zones frontalières et à poursuivre le dialogue, mais rien n’avait été réglé sur le fond.
La Thaïlande et le Cambodge ont un différend ancien portant sur le tracé de certaines parties de leur frontière, longue de 800 kilomètres, effectué lors de l’ère coloniale française. Les zones disputées abritent plusieurs temples, dont celui de Preah Vihear. La Cour internationale de justice en a accordé la souveraineté à Phnom Penh, mais Bangkok refuse de reconnaître l’autorité du tribunal sur les questions territoriales.




