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Corée du Sud : l’ancien président Yoon condamné à cinq ans de prison

L’ex-chef d’Etat sud-coréen, menacé par la peine de mort dans un autre procès, était jugé pour obstruction à la justice et d’autres délits. Il a été condamné vendredi à cinq ans d’emprisonnement, notamment pour avoir tenté d’instaurer la loi martiale dans le pays.

Un partisan de l'ancien président sud-coréen destitué Yoon Suk Yeol et son épouse Kim Keon Hee, près du tribunal central de Séoul, le 16 janvier 2026. (Jung Yeon-je/AFP)
Publié le 16/01/2026 à 8h57

C’est la première décision pénale qui le condamne, et d’autres devraient logiquement suivre. Un tribunal sud-coréen a condamné ce vendredi 16 janvier au matin l’ex-président Yoon Suk Yeol à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. L’homme avait notamment tenté d’instaurer la loi martiale en Corée du Sud fin 2024.

Un peu plus d’un an après son coup de force contre le Parlement, point de départ d’une grave crise politique aboutissant à sa destitution, l’ancien dirigeant conservateur de 65 ans s’est vu infliger une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait réclamé dix ans de prison.

Ancien procureur star, Yoon Suk Yeol n’en a pas terminé avec la justice. L’ancien dirigeant fait face à sept autres procès dont le principal, pour insurrection, qui pourrait lui valoir la peine de mort.

«Une attitude qui méprisait la constitution»

Vendredi matin, le tribunal du district central de Séoul s’est prononcé sur un des multiples volets secondaires de l’affaire qui a plongé le pays dans plusieurs mois de manifestations massives et de désordre politique.

Il était reproché à Yoon d’avoir exclu des membres du gouvernement d’une réunion sur la préparation de l’instauration de la loi martiale, ainsi que d’avoir empêché les enquêteurs de l’arrêter. Durant des semaines, Yoon s’était retranché dans sa résidence de Séoul, sous la protection de sa garde rapprochée, faisant même échouer un premier raid de police.

Finalement, après un assaut musclé de plusieurs heures mené fin janvier 2025, l’homme avait été extrait de sa résidence par les services de police et interpellé. De quoi faire de lui le premier président sud-coréen en exercice à être arrêté et placé derrière les barreaux. «Bien qu’il ait eu le devoir, avant tout autre, de faire respecter la Constitution et l’Etat de droit en tant que président, l’accusé a au contraire affiché une attitude qui méprisait la Constitution», a pointé le président du tribunal, Baek Dae-hyun, en rendant son jugement. Et d’ajouter : «La culpabilité de l’accusé est extrêmement grave».

Yoon Suk Yeol dispose de sept jours pour faire appel dans cette procédure, alors que mardi 13 janvier, dans un autre procès qui vise cette fois Yoon pour insurrection, le parquet a requis la peine de mort à son encontre. Le verdict est attendu le 19 février. La peine capitale est toujours en vigueur en Corée du Sud, même si aucune exécution n’a eu lieu depuis 1997.

La loi martiale, «un effort pour sauvegarder la liberté», se défend Yoon

Dans sa dernière déclaration avant la mise en délibéré du jugement, l’ancien président s’était défendu en simplement fait usage de ses prérogatives légales de chef de l’Etat. «Il ne s’agissait pas d’une dictature militaire réprimant les citoyens, mais d’un effort pour sauvegarder la liberté et la souveraineté, et pour renforcer l’ordre constitutionnel», avait-il martelé.

L’origine de la crise remonte à la soirée du 3 décembre 2024. A la télévision, Yoon Suk Yeol avait sidéré son peuple en annonçant imposer la loi martiale et envoyer des troupes militaires au Parlement pour museler les députés. Quelques heures plus tard, le président avait été forcé de faire marche arrière : un nombre suffisant de parlementaires avaient pu se faufiler dans un hémicycle cerné par les soldats pour voter la suspension de son décret.

Yoon avait à l’époque justifié sa décision d’instaurer la loi martiale, une première depuis les dictatures militaires des années 1980, par le fait que le Parlement sous contrôle de l’opposition bloquait tout vote du budget. Il a finalement été renversé par la Cour constitutionnelle en avril dernier, déclenchant une présidentielle anticipée remportée en juin par Lee Jae Myung, figure de l’opposition de gauche.

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