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Corée du Sud : l’ex-président Yoon Suk-yeol condamné à la prison à vie

Jugé coupable d’avoir mené une insurrection en 2024 suite à sa brève déclaration de la loi martiale, l’ancien dirigeant conservateur échappe à la peine capitale, qui avait été requise par le parquet.

L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol au tribunal de Séoul, le 9 juillet 2025. (Kim Hong-Ji/AFP)
Publié le 19/02/2026 à 9h51

Il avait été propulsé à la tête de la Corée du Sud sans aucune expérience politique. Yoon Suk Yeol, l’ancien président de la Corée du Sud, a été condamné ce jeudi 19 février à la prison à perpétuité pour sa brève déclaration de la loi martiale, fin 2024. «Nous condamnons Yoon à la prison à vie» pour avoir mené une insurrection, a déclaré le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal central du district de Séoul, en lisant son verdict. Le parquet avait requis la peine de mort, même si aucune exécution n’a eu lieu en Corée du Sud depuis 1997.

Cette condamnation doit permettre de clore le chapitre de la loi martiale, qu’il avait brièvement déclarée la nuit du 3 au 4 décembre 2024, dans une tentative désastreuse de mettre fin à la présumée «dictature parlementaire» de l’opposition. «La cour estime que l’intention était de paralyser l’Assemblée pendant une période considérable», a expliqué le magistrat. Selon lui, «la proclamation de la loi martiale a entraîné des coûts sociaux énormes, et il est difficile de trouver des indices montrant que l’accusé a exprimé des remords à ce sujet».

Rassemblement de partisans

Le soir du 3 décembre 2024, l’ancien dirigeant conservateur, invoquant la menace de «forces hostiles à l’Etat», déclarait la loi martiale par surprise à la télévision, tandis que l’armée se déployait pour boucler le Parlement et le réduire au silence. La suspension du régime civil n’aura finalement duré que six heures. Dans la nuit noire, les députés étaient parvenus à se faufiler dans l’hémicycle en nombre suffisant pour contrecarrer les plans de Yoon Suk-yeol.

Si sa tentative a ravivé le souvenir douloureux des dictatures au sein d’une société qui s’était habituée à la stabilité démocratique, elle a secoué les marchés, sidéré à l’étranger et provoqué une profonde crise politique intérieure. Jeudi, des milliers de ses partisans se sont rassemblés devant le tribunal, appelant à abandonner les poursuites. Des exclamations ont retenti quand un bus cellulaire bleu, supposé transporter leur leader, est arrivé sur place.

Déjà condamné à cinq ans d’emprisonnement

Agé de 65 ans, Yoon, qui comparaissait détenu, est au cœur de plusieurs autres procès. Il a toujours nié tout méfait, affirmant avoir agi pour «préserver la liberté» et restaurer l’ordre constitutionnel contre ce qu’il a qualifié de «dictature législative» de l’opposition.

Il avait déjà été condamné à cinq ans d’emprisonnement à la mi-janvier pour des faits moins graves liés à son coup de force. D’anciens collaborateurs, en poste au moment de sa décision choc, se sont aussi vus infliger des peines de prison, ou attendent leur jugement. Parmi eux, l’ex-Premier ministre Han Duck-soo, qui a écopé de vingt-trois ans d’incarcération (contre quinze requis) fin janvier, et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Lee Sang-min, condamné à sept ans de prison la semaine dernière, pour leur rôle dans ce scandale.

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