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Escalade

Dix morts dans une attaque du Pakistan sur l’Afghanistan, qui promet de riposter

Ces frappes sont survenue dans la nuit du mardi 25 novembre au lendemain d’un attentat suicide contre un complexe de sécurité dans la ville pakistanaise de Peshawar. Mais les autorités pakistanaises démènent en être à l’origine.

Des tombes creusées pour les victimes d'une attaque nocturne dans la province afghane de Khost, ce mardi 25 novembre 2025. (Shafiqullah Mashaal/AP)
Publié le 25/11/2025 à 10h40

La tension monte d’un cran entre les deux pays voisins d’Asie du Sud. Au moins dix personnes, dont neuf enfants, ont été tuées dans la nuit de lundi à mardi par des frappes du Pakistan sur l’Afghanistan, a affirmé le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid. Ce dernier a assuré ce mardi matin qu’il riposterait «de manière appropriée, en temps voulu» aux frappes pakistanaises menées dans les régions frontalières de Khost, Kunar et Paktika, dans l’est du pays.

Mais le Pakistan a démenti dans la foulée ces accusations. «Chaque fois que nous menons une frappe, celle-ci est assumée», a soutenu le lieutenant-général Ahmed Chaudhry sur la chaîne de télévision d’Etat pakistanaise PTV. Ce dernier a par ailleurs martelé que les accusations de Kaboul étaient «sans fondement» et que l’armée pakistanaise «n’attaquait pas les civils».

Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan, en dents de scie depuis le retour au pouvoir des talibans à Kaboul en 2021, se sont détériorées récemment du fait de questions sécuritaires et migratoires. Ces frappes meurtrières surviennent par ailleurs au lendemain d’un attentat suicide contre le QG des forces de sécurité pakistanaises dans une province frontalière de l’Afghanistan, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat. Les auteurs de cet attentat «seront retrouvés et punis», a assuré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, répétant sa volonté «d’éradiquer le terrorisme», tandis que la chaîne de télévision d’Etat PTV a rapporté que les assaillants seraient des «ressortissants afghans».

Un fragile cessez-le-feu

Le 11 novembre, une autre attaque devant un tribunal d’Islamabad (capitale du Pakistan), avait déjà fait douze morts et une dizaine de blessés. Revendiquée par une faction des talibans pakistanais, qui partagent la même idéologie que les talibans ayant repris le pouvoir à Kaboul, Islamabad avait alors accusé dans la foulée une «cellule terroriste» d’avoir été «dirigée et guidée à chaque étape par le haut commandement basé en Afghanistan».

Les deux pays ont engagé une confrontation armée d’une rare intensité en octobre, causant la mort d’environ 70 personnes. Les combats ont pris fin avec un cessez-le-feu négocié par le Qatar et la Turquie. Une trêve fragile aux contours flous, qui n’a pas abouti à un accord durable. Les questions sécuritaires constituant le point d’achoppement : d’un côté, le Pakistan accuse son voisin afghan «d’abriter» des groupes «terroristes», de l’autre, Kaboul, qui dément, accuse Islamabad d’abriter des groupes armés qui lui sont hostiles.

La longue frontière de 2 600 kilomètres, est fermée depuis le 12 octobre, bloquant les importants échanges commerciaux bilatéraux.

Mis à jour à 14 h 13, avec l’ajout du démenti du Pakistan.

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