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Libération
Reportage

Elections en Indonésie : les jeunes convoités, mais peu écoutés

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Plus de 204 millions d’électeurs sont appelés à élire leur président et députés le 14 février, dans un scrutin où plus de 50 % du corps électoral à moins de 40 ans. Une jeunesse qui n’ignore pas les réalités de son pays et dit ne pas être suffisamment considérée.
Lors d'un rassemblement en faveur du candidat Ganjar Pranowo, dans l'est de Java, le 9 février. (Kim Kyung-Hoon /Reuters)
par Marion Zipfel, correspondante en Indonésie
publié le 12 février 2024 à 12h16

Dans un café de Surabaya, dans l’est de l’île principale de Java, Taufiq, 21 ans, a rendez-vous avec son ami André. Une fois par semaine, ils se retrouvent pour échanger sur la campagne présidentielle. Les yeux rivés sur leurs téléphones et plus particulièrement sur X (anciennement Twitter), ils font défiler les tendances du jour. «C’est la deuxième fois que je vote, explique Taufiq, étudiant en océanographie. Pour cette campagne, tout se passe sur TikTok et X.» Mercredi 14 février, et pour la cinquième fois de son histoire, la jeune démocratie indonésienne de près de 274 millions d’habitants élira son prochain président au suffrage universel direct. Et les candidats ont massivement investi les réseaux, plus particulièrement Tiktok qui compte 125 millions d’utilisateurs actifs mensuels, pour tenter de draguer les 17-40 ans, qui représentent plus de 52 % des 204,8 millions d’électeurs, et rafler la victoire dès le premier tour.

«C’est ridicule», s’indigne André, 25 ans, diplômé de l’université Airlangga de Surabaya en regardant la vidéo du candidat Prabowo Subianto, 72 ans, au bord des larmes après des questions musclées de son adversaire lors du deuxième débat présidentiel. L’actuel ministre de la Défense passé par les forces spéciales indonésiennes sous la dictature de Suharto et qui brigue pour la troisième fois le po