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Drame

Incendie géant à Hongkong : au moins 151 morts, 13 arrestations et des voix discordantes étouffées

Les autorités hongkongaises ont annoncé ce lundi 1er décembre un nouveau bilan, sans pouvoir «exclure la possibilité qu’il augmente encore». Et annoncé sévir contre ceux propageant des «commentaires inexacts» en ligne dans le seul but de «menacer la sécurité nationale».

Après l'incendie meurtrier du complexe immobilier Wang Fuk Court à Hongkong, ce lundi 1er décembre. (Amr Alfiky/REUTERS)
Publié le 01/12/2025 à 11h45, mis à jour le 01/12/2025 à 11h46

Le bilan de l’incendie géant qui s’est déclaré mercredi dans le complexe résidentiel de Wang Fuk Court s’élève désormais à au moins 151 morts, ont annoncé ce lundi 1er décembre les autorités hongkongaises dans un point presse. Le précédent bilan faisait état de 146 morts. «Nous ne pouvons exclure la possibilité que ce chiffre augmente encore», a ajouté le responsable de la police, Tsang Shuk-yin.

Le sinistre qui s’est propagé sur les 8 tours de 31 étages de Wang Fuk Court, dans le district de Tai Po, est l’incendie d’immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l’exclusion de feux survenus dans des discothèques, des prisons ou des centres commerciaux, d’après des recherches dans la base de données des catastrophes de l’université de Louvain en Belgique.

«Pas aux normes de résistance au feu»

Le directeur de la police criminelle et de la sécurité de Hongkong, Chan Tung, a déclaré qu’une «enquête approfondie [avait] été immédiatement ouverte pour homicide involontaire» à la suite du drame, ce qui a «conduit à l’arrestation de 13 personnes, 12 hommes et une femme».

Le complexe d’environ 2 000 logements était en cours de rénovation, mais toujours habité. L’attention s’est concentrée sur l’emploi possible de matériaux inflammables pour la rénovation, comme les filets protégeant de la poussière et de la chute d’objets, et l’usage, commun à Hongkong, de bambou pour les échafaudages.

«La police a collecté des échantillons de filets à 20 endroits différents du complexe de Wang Fuk Court au cours des deux derniers jours. Parmi ces échantillons, ceux prélevés à sept endroits différents, aux étages supérieurs, intermédiaires et inférieurs de quatre bâtiments, ne répondaient pas aux normes de résistance au feu», a déclaré un responsable du gouvernement de Hongkong, Eric Chan.

«Menacer la sécurité nationale»

L’ampleur du drame a causé un choc dans le territoire et de nombreuses personnes ont appelé à ce que les responsables de la tragédie rendent des comptes. Le chef de la sécurité du territoire, Chris Tang, interrogé sur des arrestations auxquelles les autorités auraient procédé en lien avec ces appels, a fait état devant la presse de «commentaires inexacts» publiés en ligne dans le seul but de «menacer la sécurité nationale». «Par conséquent, nous devons prendre les mesures appropriées, y compris des mesures de police», a-t-il ajouté.

Samedi, un étudiant de 24 ans, Miles Kwan, a été arrêté après avoir distribué des tracts appelant à une enquête indépendante sur l’incendie meurtrier. Les médias locaux ont rapporté que l’étudiant était soupçonné de sédition, et la pétition a été supprimée. Ce lundi, le jeune homme a été aperçu par un journaliste de l’AFP en train de quitter le commissariat du district de Cheung Sha Wan en taxi, mais la police refusait toujours de commenter la situation.

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