Hongkong élit ce dimanche ses nouveaux législateurs conformément aux règles imposées par Pékin, les efforts du gouvernement pour encourager la participation ayant été éclipsés par l’incendie le plus meurtrier qu’ait connu la ville depuis des décennies.
Le chef de l’exécutif, John Lee, a exhorté la population à se rendre aux urnes, affirmant que leur vote était un symbole de réforme et de soutien aux victimes de l’incendie. Mais depuis la réforme du système électoral par Pékin seuls les «patriotes» peuvent occuper des fonctions publiques et le nombre de législateurs au suffrage direct a été considérablement réduit.
«Troubles»
Résultat, ces élections législatives ont enregistré un taux de participation de 31,9 % : environ 1,3 million des 4,1 millions d’électeurs inscrits ont voté, selon les chiffres officiels publiés en ligne tôt lundi matin. Le premier scrutin organisé selon les nouvelles règles avait enregistré un taux de participation historiquement bas de 30 %. Certains députés prodémocratie ont été emprisonnés, tandis que d’autres ont démissionné ou fui Hongkong. Le scrutin de ce dimanche se déroule à nouveau sans les deux principaux partis prodémocratie : le Parti civique, dissous en 2023, et le Parti démocrate, en déclin.
La campagne électorale a été brutalement interrompue après l’incendie qui a ravagé les tours d’habitation de Wang Fuk Court, dans le nord de Hongkong fin novembre, faisant au moins 159 victimes. L’agence de sécurité nationale chinoise à Hongkong (OSNS) a convoqué samedi des représentants des médias internationaux pour une mise au point, les accusant d’avoir diffusé de fausses informations dans leurs reportages. «Le Bureau ne tolérera aucune action des éléments anti-Chine et fauteurs de troubles à Hongkong», pouvait-on lire également dans la déclaration en ligne de l’OSNS.
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Lors d’une conférence de presse samedi, la police a mis en garde sur des scènes rappelant selon elle les manifestations prodémocratie de 2019, se déroulant sur le principal site où les Hongkongais rendent hommage aux victimes de l’incendie. Steve Li, commissaire divisionnaire du département de la sécurité nationale, a affirmé que des personnes y avaient distribué des tracts et affiché des slogans qui n’avaient «pratiquement aucun rapport avec la catastrophe et visaient uniquement à inciter à la haine».
Arrestations
Mercredi soir, la police avait arrêté quinze personnes de différentes entreprises de construction, soupçonnées d’homicide involontaire. La police aurait également interpellé au moins trois personnes pour sédition à la suite de l’incendie, dont Miles Kwan, un étudiant de 24 ans qui distribuait des tracts réclamant des comptes du gouvernement.
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De précédentes élections législatives à Hongkong ont été marquées par de violents affrontements entre les camps pro-Pékin et prodémocratie, ces derniers remportant souvent environ 60 % des suffrages. Mais en 2020, Pékin a imposé une loi de sécurité nationale draconienne après que la ville a été secouée par d’importantes manifestations prodémocratie, parfois violentes. La dissidence à Hongkong a été quasiment étouffée depuis l’instauration par Pékin de la loi sur la sécurité nationale, après des manifestations massives et parfois violentes de 2019.
Mise à jour à 18 h 50 avec le taux de participation.




