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Incendie à Hongkong : le bilan monte à 159 morts à l’issue des recherches

Après inspection des immeubles, 140 corps ont été identifiés de manière préliminaire, parmi lesquels 49 hommes et 91 femmes. L’enquête pour déterminer les causes de la catastrophe est toujours en cours.

Les immeubles d'habitation Wang Fuk Court après l'incendie meurtrier, à Hongkong, ce mercredi 3 décembre. (Philip Fong/AFP)
Publié le 03/12/2025 à 13h02

Le pire incendie qui ait frappé Hongkong depuis 1918, a fait 159 morts, selon les derniers chiffres de la police, annoncés ce mercredi 3 décembre après que tous les immeubles touchés ont été inspectés. «Nous avons retrouvé 159 corps, dont 140 ont été identifiés de manière préliminaire, 49 hommes et 91 femmes, âgés de 1 à 97 ans», a rapporté le commissaire de police Joe Chow lors d’une conférence de presse.

Ce bilan provisoire, établi à l’issue des recherches dans l’ensemble des immeubles, peut encore être révisé. Les agents ont en effet trouvé des «ossements humains suspects» qui doivent faire l’objet d’analyses médico-légales, selon Joe Chow.

Le sinistre s’est propagé sur plusieurs tours de 31 étages du complexe résidentiel en rénovation de Wang Fuk Court, dans le district nord de Tai Po, mercredi 26 novembre. Des milliers de personnes ont été forcées à quitter leur domicile face aux flammes provoquées par le sinistre. Il s’agit de l’incendie d’immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l’exclusion de feux survenus dans des discothèques, des prisons ou des centres commerciaux, d’après des recherches dans la base de données des catastrophes de l’université de Louvain en Belgique.

Quinze arrestations

Le dirigeant de Hongkong, John Lee, a annoncé mardi la création d’un «comité indépendant» présidé par un juge pour enquêter sur les causes de l’incendie. Celui-ci sera «chargé de mener une enquête approfondie et exhaustive afin de réformer le système de construction, et d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir». En parallèle, l’organisme anticorruption de Hongkong et la police, qui enquêtent conjointement, ont arrêté quinze personnes soupçonnées d’homicide involontaire.

Le complexe d’environ 2 000 logements était en cours de rénovation, mais toujours habité. Selon les autorités, le feu s’est propagé rapidement via les filets utilisés sur des échafaudages, non conformes aux normes incendie. «La police a collecté des échantillons de filets à vingt endroits différents du complexe de Wang Fuk Court au cours des deux derniers jours. Parmi ces échantillons, ceux prélevés à sept endroits différents, aux étages supérieurs, intermédiaires et inférieurs de quatre bâtiments, ne répondaient pas aux normes de résistance au feu», a déclaré un responsable du gouvernement de Hongkong, Eric Chan.

Influence de Pékin

Les médias locaux ont également rapporté l’arrestation de plusieurs personnes réclamant des réponses et que justice soit faite. Parmi eux, Miles Kwan, un étudiant de 24 ans arrêté après avoir distribué des tracts appelant à une enquête indépendante sur l’incendie meurtrier. Il est à l’origine, avec d’autres, d’une pétition réclamant des comptes et ayant recueilli 10 000 signatures en moins d’une journée.

D’après la presse, le jeune homme est soupçonné de sédition, et la pétition en question a été supprimée. Ce lundi, il a été aperçu en train de quitter le commissariat du district de Cheung Sha Wan en taxi, mais la police refusait toujours de commenter la situation, d’après l’AFP.

Deux autres personnes, dont l’ancien conseiller de district Kenneth Cheung, ont également été arrêtées par les forces de l’ordre, toujours selon les médias locaux. Kenneth Cheung a écrit sur Facebook lundi avoir été libéré sous caution.

De son côté, Human Rights Watch (HRW) a exhorté mardi le gouvernement de Hong Kong à «garantir une enquête transparente et à établir les responsabilités». «Il est crucial de ne pas traiter comme des criminels ceux qui réclament des réponses après ce tragique incendie», souligne Elaine Pearson, directrice de la division Asie de HRW, ajoutant que la catastrophe «soulève de sérieuses inquiétudes» quant à l’influence de Pékin à Hong Kong.

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