Maître de conférences en sciences politiques à la Hong Kong Baptist University, Eric Sautedé vit à Hongkong depuis 1994. Pour Libération, il décrypte l’émoi qui s’est emparé de toute la société et ce qui se joue après le pire incendie dans le territoire depuis 1918, survenu mercredi 26 novembre et dont le bilan provisoire s’élevait à 128 morts vendredi.
Ce feu est-il un accident dramatique ou le symptôme d’une crise plus profonde ?
C’est beaucoup plus qu’un fait divers. Face aux images qui se sont très vite propagées via les réseaux sociaux, face à des flammes qui ont duré plus de quarante heures, il y a un choc immense dans toute la société. Cet ensemble d’immeubles était composé de très nombreux logements sociaux, on parle de petites gens, de familles modestes. Tout le monde est affecté. On a vu des gens dans les banques ou des grandes entreprises poser un jour de vacances pour aller aider les rescapés et les familles des victimes. Le Ming Pao, très




