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Reportage

Industrie de l’arnaque en ligne : en Birmanie, «ceux qui ne rapportent pas assez d’argent se font tabasser»

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De nombreux jeunes sans perspective économique, contraints à la conscription ou à l’exil, notamment en Thaïlande, n’ont parfois pas d’autre choix que d’aller travailler dans des centres de cyber-escroquerie.

Des travailleurs du «KK Park» ayant traversé la frontière, vers Mae Sot (Thaïlande), en octobre. (Sarot Meksophawannakul/THAI NEWS PIX.AFP)
ParJuliette Chaignon
Guillaume Gosalbes
envoyés spéciaux à Mae Sot (Thaïlande)
Publié le 29/12/2025 à 20h15

Cagoulés et habillés en noir, deux gardes thaïlandais patientent au soleil, en haut d’une colline de la ville de Mae Sot, assis sur des chaises en plastique. Depuis leur mirador, la vue paraît bucolique. Au premier plan, une prairie verdoyante. Plus bas, la rivière Moei, qui sépare la Thaïlande de la Birmanie. Au loin, les montagnes birmanes découpent l’horizon mais à leurs pieds, des dizaines d’immeubles rangés comme des dominos gâchent le paysage.

«Ce que vous voyez là, c’est Chinatown», pointe en souriant une réfugiée birmane qui vit en face de ces bâtiments, côté Thaïlande. Ce qui se trame de l’autre côté de la rivière n’est un mystère pour personne : ces édifices font partie de «KK Park», l’une des multiples usines à fraude en ligne birmanes installées autour de la ville de Myawaddy.

Fausse appli

La plupart sont gérées par des mafias chinoises, avec la complicité de milices ethniques pro-junte birmane, comme les Border Guard Forces. Ceux-ci nient en tirer profit et assurent avoir détruit KK Park à la mi-octobre, en coopération avec la junte, sous pression de la Chine et des Etats-Unis.

Sur place, de

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