Le bilan des inondations et glissements de terrain qui ont dévasté depuis une semaine l’Indonésie, la Thaïlande et la Malaisie ainsi que le Sri Lanka a été porté à près de 1 300 morts et des centaines de disparus. Pour la seule grande île indonésienne de Sumatra, l’Agence nationale de gestion des catastrophes décompte désormais 804 morts, selon un décompte publié ce mercredi 3 décembre. Par ailleurs, plus de 650 personnes sont toujours portées disparues et 2 654 ont été blessées dans trois provinces de l’île située à l’ouest de l’archipel, a précisé l’agence. Selon elle, plus de 3,3 millions d’Indonésiens ont été affectés par les inondations et 1,1 million ont été évacués et sont hébergés dans des abris provisoires.
A lire aussi
Les pluies torrentielles de la mousson, associées à deux cyclones tropicaux distincts la semaine dernière, ont déversé des trombes d’eau sur l’ensemble du Sri Lanka et certaines régions de l’Indonésie, du sud de la Thaïlande et du nord de la Malaisie. Si la pluie a cessé, permettant aux eaux de se retirer en partie, la catastrophe a laissé derrière elle un paysage de désolation et un choc pour les survivants désormais confrontés à d’énormes difficultés pour trouver de la nourriture ou de l’eau potable.
De vastes zones de ces pays mais aussi des Philippines, du Vietnam, de Birmanie, ainsi que des portions du Cambodge et du Laos, ont enregistré des cumuls de pluie qui n’avaient pas été observées en novembre par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique depuis 2012, selon ses relevés mensuels.
Risque de pénurie
En Indonésie, l’urgence est désormais d’acheminer de l’aide et des vivres dans de nombreuses zones totalement isolées et accessibles parfois uniquement par les airs ou par la mer. Dans ces régions, la nourriture se fait si rare que les prix explosent. Lundi, le gouvernement indonésien a annoncé l’envoi de 34 000 tonnes de riz et de 6,8 millions de litres d’huile de cuisson aux trois provinces les plus touchées : Aceh, Sumatra Nord et Sumatra Ouest. «Il ne peut y avoir aucun retard», a affirmé le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman, alors que beaucoup ont appelé le Président, Prabowo Subianto, à décréter un état d’urgence national afin d’accélérer et de coordonner le déclenchement des aides.
Interview
Les organisations humanitaires ont indiqué qu’elles s’efforçaient d’acheminer de l’aide vers les zones sinistrées, tout en avertissant que les marchés locaux étaient à court de produits de première nécessité et que les prix des produits disponibles avaient triplé. «Les communautés de toute la province d’Aceh courent un grave risque de pénurie alimentaire et de famine si les chaînes d’approvisionnement ne sont pas rétablies dans les sept prochains jours», a prévenu l’organisation caritative Islamic Relief.
Alertes
Une autre tempête a provoqué de fortes précipitations au Sri Lanka, déclenchant des crues soudaines et des glissements de terrain qui ont fait au moins 410 victimes, 336 disparus et 1,5 million de sinistrés. Le président Anura Kumara Dissanayake, qui a déclaré l’état d’urgence, s’est engagé samedi dans un discours à reconstruire les zones dévastées, après la catastrophe «la plus importante de notre histoire». L’armée de l’air srilankaise, appuyée par ses homologues indienne et pakistanaise, a procédé à l’évacuation de résidents bloqués et à la livraison de nourriture.
En images
Les pluies se sont calmées dans tout le pays, mais les alertes aux glissements de terrain restent en vigueur dans la majeure partie de la région centrale la plus touchée, ont indiqué les autorités. Selon les experts, le changement climatique engendre des épisodes de pluie plus intenses car une atmosphère plus chaude contient davantage d’humidité, et des températures plus élevées dans les océans peuvent amplifier les tempêtes.
Mise à jour le 3 décembre à 10 h 17 avec un nouveau bilan.




