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Tensions

Iran : le ministre du Renseignement met en garde contre une tentative d’assassinat visant l’ayatollah Ali Khamenei

Esmaïl Khatib avertit les ennemis de son pays, en premier lieu les Etats-Unis et Israël, sur la crise intérieure que provoquerait un complot mortel contre le guide suprême, selon des propos repris par l’agence de presse iranienne Isna le 22 novembre.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, participe à une réunion avec des étudiants à Téhéran, en Iran, le 3 novembre 2025. (Office of the Iranian Supreme Leader/REUTERS)
Publié le 23/11/2025 à 14h57

«Le pilier […] est le guide de la Révolution. C’est pourquoi l’ennemi cherche à le cibler et à prendre des mesures qui menacent cet axe d’unité». Les propos du ministre iranien du Renseignement Esmaïl Khatib, cité par l’agence de presse Isna le 22 novembre, sont peu précis, mais représentent un avertissement. Ali Khamenei, âgé de 86 ans et au pouvoir depuis 1989, est le numéro un du pays et ultime décideur dans tous les dossiers stratégiques de la République islamique. Les déclarations concernant sa sécurité étaient rares avant juin et la guerre entre l’Iran et Israël.

Les paroles du ministre Khatib ne font pas explicitement référence à un incident ou projet précis. Mais les responsables iraniens mettent régulièrement en garde contre de présumés complots étrangers, généralement attribués aux Américains et israéliens. D’autant que les tensions avec ces deux pays se sont embrasées au début de l’été. Le 13 juin, Israël a lancé une attaque surprise d’une ampleur inédite contre des installations stratégiques en Iran, tuant des dizaines de hauts gradés iraniens, de scientifiques du nucléaire et de civils. Ces frappes avaient déclenché une guerre de 12 jours entre les deux ennemis, durant laquelle les Etats-Unis avaient aussi bombardé trois sites nucléaires iraniens.

«Cible facile»

Le 11 novembre dernier, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé qu’il avait redouté un assassinat du guide suprême durant ce conflit, et que sa mort n’engendre des divisions internes.

Cette peur n’était pas infondée, à entendre les dirigeants israéliens et américains qui ont menacé à plusieurs reprises de s’en prendre à l’ayatollah Khamenei. Benyamin Nétanyahou avait même déclaré sur la chaîne ABC News que tuer le guide suprême «[n’allait] pas aggraver le conflit», plutôt «y mettre fin». Donald Trump l’avait même qualifié de «cible facile». Tout en ajoutant que les Etats-Unis n’allaient «pas l’éliminer, du moins pas pour l’instant».

Durant les 12 jours de guerre contre Israël, l’ayatollah Khamenei n’était plus apparu en public. Il ne s’adressait à la nation plus que dans des enregistrements, où il apparaissait seul. Et depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 24 juin, il a considérablement réduit le nombre d’événements publics.

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