L’attente est infinie. Surtout pour des femmes âgées de plus de 95 ans, surtout pour des survivantes de la Seconde Guerre mondiale. Elles vivent éparpillées entre la Corée du Sud, l’Indonésie, les Philippines ou encore la Chine. Elles ne sont plus qu’une cinquantaine, dernières victimes connues et encore en vie de la machine de guerre nippone lors de la guerre de Quinze Ans (1931-1945).
Esclaves sexuelles enrôlées de force dans les bordels de l’armée impériale japonaise, ces «femmes de réconfort» attendent depuis huit ans que l’Unesco leur accorde une reconnaissance de leur existence – sinon de leur souffrance – qui a la force des symboles. Pas de réparation, pas d’argent, pas de condamnation, mais juste un simple enregistrement d’archives et de témoignages documentant ce qu’elles ont enduré et les actions de la société civile qui les ont accompagnées depuis de longues décennies afin de défendre leurs droits. Pour le souvenir et pour laisser une trace qui n’a rien d’anecdotique.
C’est en grande partie le sens du programme Mémoire du monde de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture : constituer un «patrimoine documentaire mondial et essentiel [qui] doit être protégé et accessible en permanence à tous sans entrave», indique l’Unesco contacté par Libération. Avant d’ajouter que cette conservation vise «en p




