Les précédentes menaces de ce type remontaient à avril. La Chine a annoncé ce lundi 29 décembre lancer des manœuvres militaires «majeures» autour de Taïwan, qui a déployé sa propre armée en réponse. Dans le cadre de ces exercices militaires baptisés «Mission Justice 2025», l’armée chinoise «utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones» dans le cadre de ces exercices, qui comprennent «des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes au nord et au sud-ouest de Taïwan», a détaillé son commandement pour la zone dans un communiqué publié dans la nuit.
Selon Taïwan, 89 avions militaires chinois et 28 navires de guerre et des garde-côtes ont été détectés à proximité de l’île. Il s’agit du nombre le plus élevé d’avions chinois signalés en une seule journée depuis le 15 octobre 2024.
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Ces manœuvres sont «un sérieux avertissement adressé aux forces séparatistes de l’indépendance de Taïwan», et ils constituent une action légitime et nécessaire pour préserver la souveraineté et l’unité nationale de la Chine», a estimé le colonel major Shi Yi, porte-parole du Commandement chinois.
Des navires chinois devraient «s’approcher de l’île de Taïwan à très courte distance en provenance de différentes directions», a-t-il poursuivi. Les forces de Pékin se focaliseront sur «les patrouilles de préparation au combat air-mer, la saisie conjointe de la supériorité globale, le blocus de ports et zones clés, ainsi que la dissuasion multidimensionnelle», a précisé le militaire.
«Pour des raisons de sécurité, il est conseillé à tout navire ou avion non concerné de ne pas pénétrer dans les eaux et l’espace aérien susmentionnés», est-il également précisé.
De leur côté, les garde-côtes taïwanais ont dit avoir détecté quatre navires de leurs homologues chinois près des eaux au large des côtes nord et est de l’île. Les autorités ont affirmé déployer les «forces appropriées», ajoutant que ses troupes avaient «mené un exercice de riposte rapide».
«En réponse au mépris des autorités chinoises pour le droit international et à leur utilisation de l’intimidation militaire pour menacer les pays voisins, Taïwan exprime sa ferme condamnation», a réagi la porte-parole de la présidence de Taïwan, Karen Kuo.
L’île visait d’ici 2027, selon son président, un «haut niveau de préparation» face aux pressions chinoises, et son budget militaire doit bondir d’au moins 20 % en 2026.
Avertissement chinois aux «forces extérieures»
Dans le courant de la matinée ce lundi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a de nouveau évoqué ces exercices militaires. Il a adressé un avertissement aux «forces extérieures» soutenant Taïwan et a affirmé que toute tentative pour entraver l’unification de l’île avec la Chine continentale était vouée à l’échec.
Pékin considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et menace de recourir à la force militaire pour s’en emparer. Les tensions dans le détroit ont été ravivées par une importante vente d’armes des Etats-Unis à Taipei mi-décembre, la deuxième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour 11,1 milliards de dollars au total, soit le montant le plus important depuis 2001. La Chine a répondu la semaine dernière par des sanctions à 20 entreprises américaines de défense.
Cette démonstration de force à grande échelle intervient également après des semaines de dispute diplomatique entre Pékin et Tokyo au sujet de l’île, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi ayant laissé entendre en novembre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, ce qui a suscité l’ire de la Chine.




