Après un faux espoir de cessez-le-feu évoqué il y a trois jours par Donald Trump, le Cambodge a accusé ce lundi 15 décembre la Thaïlande d’avoir bombardé la province de Siem Reap, où se situent les célèbres temples d’Angkor. Une première depuis la reprise de leurs affrontements frontaliers la semaine dernière, qui ont fait au moins 31 morts.
«L’armée thaïlandaise a élargi le champ de sa violente attaque, utilisant un avion de chasse F-16 pour larguer deux bombes près d’un camp de civils déplacés dans le district de Srei Snam», a déclaré dans un communiqué le ministère cambodgien de la Défense. De son côté, la Thaïlande a confirmé que des combats se poursuivaient dans les régions frontalières, sans toutefois mentionner la province de Siem Reap.
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«La Thaïlande a violé le droit international en attaquant des civils», a dénoncé le ministre cambodgien de l’Information, Pheaktra Neth, affirmant que son voisin n’avait pas encore frappé aussi loin à l’intérieur des terres cambodgiennes. Son ministère a partagé une vidéo montrant selon lui «des élèves d’une école du district de Srei Snam en train de fuir après que l’armée thaïlandaise a largué des bombes près de leur établissement».
Srei Snam se situe à environ 70 kilomètres de la frontière contestée, et à moins d’une heure et demi de route du site historique d’Angkor Wat, joyau de l’architecture khmère et principale attraction touristique cambodgienne. Les ventes de billets pour Angkor Wat ont chuté de près de 20 % en moyenne entre juin et novembre par rapport à la même période de 2024, selon les données de l’opérateur Angkor Enterprise. «Il est tout à fait normal que les touristes souhaitent visiter un endroit sûr», a commenté Chhay Sivlin, présidente de l’Association cambodgienne des agences de voyage, qui précise que «certains ont annulé, tandis que d’autres ont demandé à reporter leur voyage.»
Dispute depuis la période coloniale française
Les autorités cambodgiennes ont fait état d’un nouveau bilan de 15 morts, tous des civils, depuis le début de ces nouveaux affrontements le 8 décembre entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est, qui se disputent des parties de territoire le long de leur frontière depuis la période coloniale française. La Thaïlande a déploré de son côté la mort de 16 personnes au total, parmi lesquelles 15 soldats et un civil, tué par des éclats d’obus.
Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir déclenché ces nouvelles hostilités qui ont poussé environ 800 000 personnes à évacuer des deux côtés de la frontière. Un premier épisode de violences avait fait 43 morts en juillet, avant une trêve et la signature d’un accord de cessez-le-feu en octobre, à la faveur notamment de l’intervention de Donald Trump.
Le président américain avait affirmé le 12 décembre que les dirigeants de la Thaïlande et du Cambodge avaient accepté une nouvelle trêve après un coup de téléphone de sa part, information démentie par le gouvernement Thaïlandais. Les combats se sont poursuivis au cours du week-end.




