Menu
Libération
Homophobie

Le Kazakhstan vote une loi destinée à interdire la «propagande LGBT»

Les députés de ce pays d’Asie centrale - allié de la Russie où existe une loi similaire - ont adopté ce mercredi 12 novembre un texte législatif contre la promotion des «orientations sexuelles non traditionnelles».

A Paris, le 25 juin 2022. (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)
Publié le 12/11/2025 à 12h37

Des débats anachroniques. Les députés du Kazakhstan ont adopté ce mercredi 12 novembre une loi visant à interdire la promotion de ce qu’ils nomment des «orientations sexuelles non traditionnelles», dans l’espace public et les médias. Si ce texte - qui doit encore être voté par le Sénat kazakh - passe, les contrevenants risqueront des amendes et les récidivistes jusqu’à dix jours de prison.

Une manière de renforcer la répression contre les LGBT + dans ce pays d’Asie centrale très proche allié de la Russie, qui, fin 2022, avait déjà interdit toute forme de «propagande» LGBT + dans les médias, sur internet, dans les livres et les films. Des lois similaires existent aussi dans des pays de l’UE, comme en Hongrie et en Bulgarie.

Le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev, dont la signature est aussi nécessaire pour que le projet de loi entre en vigueur, a souligné à plusieurs reprises ces derniers mois la nécessité de défendre ce qu’il appelle les «valeurs traditionnelles». Les députés de la chambre basse, contrôlée par des partis fidèles à Tokayev, ont voté à l’unanimité en faveur de l’interdiction.

Dans un communiqué, la chambre basse a dit vouloir prendre ces mesures pour «protéger les enfants contre les contenus préjudiciables à leur santé et à leur développement». Dans la ligne des propos de son président, le ministre kazakh de l’Éducation, Gani Beisembayev, a estimé que «les enfants et les adolescents sont exposés chaque jour en ligne à des informations qui peuvent avoir un impact négatif sur leurs idées concernant la famille, la moralité et l’avenir».

«Obligations internationales»

Plusieurs ONG, dont Human Rights Watch ou Amnesty international avaient appelé mardi les parlementaires kazakhs à rejeter ces mesures homophobes, en vain. Les associations qui protestent contre cette réforme estiment par ailleurs que les libertés civiles sont très restreintes dans cette immense ex-république soviétique alliée de Moscou et de Pékin.

En mars, le président Tokayev avait critiqué les «valeurs morales dites démocratiques, y compris les LGBT, imposées à de nombreux pays pendant des décennies», notamment via des ONG qui se seraient, selon lui, «ingérées grossièrement dans les affaires intérieures» kazakhes. L’un des députés de la chambre, Nikita Shatalov, a souligné que le projet de loi ne viole aucune des obligations internationales du pays. «Il est absurde que quiconque tente de nous imposer son point de vue par la pression informationnelle. En évoquant la violation des obligations internationales, ces organisations contreviennent elles-mêmes aux pratiques internationales par leurs déclarations, cherchant ainsi à nous faire pression. C’est inacceptable», a-t-il déclaré selon le journal kazakh Liter.

Pays à majorité musulmane mais largement laïque, le Kazakhstan a légalisé l’homosexualité dans les années 1990, même si les mentalités restent profondément conservatrices.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique